CRISE AVEC ALGER : FRANÇOIS BAYROU MONTE AU CRÉNEAU

Par CNEWS Publié le 24/02/2025 à 23:11 - Mis à jour le 24/02/2025 à 23:11 Le bras de fer continue : François Bayrou s’en est pris à l’Algérie après l’attentat survenu à Mulhouse. Alger avait refusé à dix reprises d'accepter l'assaillant sur son territoire, un ressortissant sous OQTF, avant son passage à l'acte.

CRISE AVEC ALGER : FRANÇOIS BAYROU MONTE AU CRÉNEAU

Des tensions qui s’aggravent entre Paris et Alger. Deux jours après l’attentat de Mulhouse, François Bayrou a lancé, ce lundi 24 février, une charge contre l’Algérie. Le Premier ministre a jugé «inacceptable» le refus d’Alger de reprendre l’assaillant, mettant en avant la «détermination» de la France, qui pourrait engager des mesures de rétorsion, notamment sur les visas.

L’auteur de l’attentat, un ressortissant algérien, était en effet sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), avant qu’il ne tue un homme et n'en blesse sept autres samedi 22 février.

«Il avait été présenté dix fois aux autorités algériennes pour que son pays d’origine accepte que nous le renvoyions chez lui. Les dix fois, la réponse a été non», a dénoncé François Bayrou en marge d’une visite au Salon de l’agriculture à Paris.  

«Imaginez la situation si elle était inversée (...) Qu’est-ce que diraient les autorités algériennes ?», a insisté le Premier ministre.

UNE «DURETÉ» DE L'ALGÉRIE POUR BRUNO RETAILLEAU

Lundi, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, avait dénoncé une volonté «d’humilier» la France : «Qui en France peut soutenir que la dureté n'est pas du côté du régime algérien ?», s'était-il interrogé, pointant du doigt le cas de l'écrivain Boualem Sansal emprisonné en Algérie.

Le suspect, interpellé en plein passage à l’acte, n’était pas à son premier fait d’arme : «arrivé illégalement» sur le territoire français en 2014, selon Bruno Retailleau, cet homme de 37 ans avait récemment purgé une peine d’emprisonnement pour apologie du terrorisme.  

Les OQTF font l’objet d’un véritable bras de fer entre la France et l’Algérie. Dernièrement, dans la nuit du 10 au 11 février, la France souhaitait expulser un trentenaire en application d’une décision de justice, mais s’était vue une nouvelle fois refoulée par Alger.

L’homme était pourtant muni d’une pièce d’identité valide, un document normalement suffisant pour cette procédure. Néanmoins, depuis peu, Air Algérie exige des laissez-passer consulaires, «même lorsque les individus prévus au départ sont détenteurs de pièces d'identité en cours de validité».