Le Guide Ali Khamenei tué : le début d'une nouvelle ère pour l'Iran ?

La mort du dirigeant iranien ouvre une ère d’incertitude dans le pays. Si la succession du plus haut dignitaire est réglementée, les frappes américaines et israéliennes ont désorganisé le système politique.

Le Guide Ali Khamenei tué : le début d'une nouvelle ère pour l'Iran ?

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre en Iran avec la mort d’Ali Khamenei. Le Guide suprême n’était pas seulement la plus haute autorité religieuse du pays, il incarnait sa politique anti-israélienne et antiaméricaine depuis trente-sept ans. À 86 ans, l’homme, qu’on n’avait rarement vu sourire, était le doyen des dirigeants du Moyen-Orient. Ses portraits inondaient les rues de Téhéran et celles des villes du reste du pays. Mais depuis plusieurs mois, le vieil homme se savait traqué.

Il n’était pas apparu en public depuis la guerre de douze jours de juin 2025, lancée par Israël pour tenter de détruire le programme nucléaire iranien. Les rares discours d’Ali Khamenei étaient alors enregistrés avant d’être diffusés.

Donald Trump confirme la mort d'Ali Khamenei

Ce fils d’un imam de la ville de Machhad, dans le nord-est de l’Iran, avait longtemps été un fidèle de l’imam Rouhollah Khomeyni, premier Guide de la République islamique qui avait renversé l’autoritaire chah d’Iran en février 1979.

Khamenei a fait ses preuves en tant que président pendant les huit années de la terrible et meurtrière guerre avec l’Irak, qui aurait fait près de 1 million de morts en Iran. C’est tout naturellement qu’il avait alors été choisi pour succéder à Khomeyni à sa mort en juin 1989.

Celui qui se vantait d’aimer Victor Hugo et Les Misérables a petit à petit transformé sa position en implacable pouvoir personnel. Devenu décideur suprême, l’homme était de plus en plus critiqué ces dernières années pour son jusqu’au-boutisme à propos du programme nucléaire, isolant le pays sur la scène internationale et entraînant une dégradation de l’économie en raison notamment des sanctions. C’est d’ailleurs la crise économique

sans précédent qui a déclenché le mouvement de protestation du bazar fin décembre, qui s’est étendue à tout le pays en janvier.