"Il a été établi que la vedette rapide neutralisée, immatriculée en Floride sous le numéro FL7726SH, transportait dix personnes armées qui, selon les déclarations préliminaires des détenus, avaient l’intention de procéder à une infiltration à des fins terroristes", a indiqué le ministère cubain de l’Intérieur dans un communiqué.
Des fusils d’assaut, des armes de poing, des engins explosifs de fabrication artisanale (cocktails Molotov), des gilets pare-balles, des lunettes télescopiques et des uniformes de camouflage ont été saisis", a détaillé cette source.
Des Cubains aux activités "violentes"
Les membres du groupe armé sont "des Cubains résidant aux États-Unis" et "la plupart d’entre eux ont des antécédents connus d’activité délictueuse et violente", a précisé le ministère de l’Intérieur, qui a publié les noms des six occupants de la vedette blessés, ainsi que celui d’un tué. Deux des blessés "figurent sur la liste nationale des personnes et entités qui […] ont fait l’objet d’enquêtes pénales et sont recherchées par les autorités cubaines", a-t-il ajouté.
Les autorités cubaines indiquent également qu’un Cubain "envoyé depuis les États-Unis pour assurer la réception du groupe armé infiltré a été arrêté sur le territoire national" et "a avoué ses actes".
La vedette rapide avait été détectée au large de la côte nord de Cuba, près du Cayo Falcones, dans la province de Villa Clara (centre). Selon les autorités cubaines, des "coups de feu" avaient été tirés depuis l’embarcation contre les effectifs cubains qui s’approchaient pour procéder à son identification, blessant le commandant du navire.
Les États-Unis agiront "en conséquence"
Cet incident est suivi de très près aux États-Unis dont le chef de la diplomatie Marco Rubio, lui-même d’origine cubaine, a annoncé que son pays agirait "en conséquence". "Au fur et à mesure que nous recueillerons davantage d’informations, nous serons prêts à réagir en conséquence", a-t-il déclaré en marge d’une réunion de la Communauté caribéenne (Caricom) dans l’archipel de Saint-Christophe-et-Niévès.
Avant l’annonce de La Havane sur la présence à bord d’un groupe armé, le procureur général de Floride, James Uthmeier, avait annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire. "Le gouvernement cubain n’est pas digne de confiance et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces communistes répondent de leurs actes", a-t-il écrit sur X.
Le vice-président américain, JD Vance, a déclaré pour sa part que les États-Unis "surveillaient" la situation.
Regain de tension depuis la capture de Maduro
Les relations entre Cuba et les États-Unis connaissent un regain de tension depuis la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines début janvier et l’arrêt par Caracas, sous pression de Washington, des livraisons de pétrole à Cuba.
Les États-Unis, qui ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime sur l’île de 9,6 millions d’habitants, appliquent une politique de pression maximum sur La Havane, invoquant la "menace exceptionnelle" que ferait peser sur la sécurité nationale américaine ce pays situé à seulement 150 km des côtes de la Floride.