Les Etats-Unis vont taxer « très prochainement » les exportations européennes à 25 %, annonce Trump

Le président américain a indiqué ce mercredi son intention d'augmenter les droits de douane sur les produits européens « très prochainement » à 25 %. L'Union européenne réagira « fermement et immédiatement », a répondu la commission.

Les Etats-Unis vont taxer « très prochainement » les exportations européennes à 25 %, annonce Trump

Par Guillaume de Calignon

Publié le 26 févr. 2025 à 19:50Mis à jour le 26 févr. 2025 à 21:26

Le couperet est tombé. L'Union européenne sait désormais à quelle sauce elle sera mangée par l'Oncle Sam et c'est la même que celle du Canada et du Mexique. Donald Trump a indiqué ce mercredi à la Maison-Blanche que les exportations européennes de biens vers les Etats-Unis seront « très prochainement » taxées à hauteur de 25 %. Ce n'est encore qu'une menace, avec un calendrier incertain (et un périmètre non défini), mais plus précise qu'avant puisqu'on ne connaissait pas le niveau de la hausse des droits de douane. L'UE réagira « fermement et immédiatement » à de nouveaux droits de douane, a répondu la Commission européenne dès mercredi soir.

Si le candidat Trump avait fait toute sa campagne électorale sur une hausse de 60 % des droits de douane sur les importations chinoises et de 10 % sur le reste du monde, ce n'est plus du tout le scénario sur la table. Pékin, censé être l'ennemi de Washington, a vu ses droits de douane augmenter de 10 % (en plus des taxes existantes) et les alliés des Américains, tels que les Européens, les Canadiens et les Mexicains verront donc bientôt les leurs grimper à 25 %.

Avec tout de même un espoir : Donald Trump parle fort et brandit la menace, mais il peut être apaisé par les négociations. L'entrée en vigueur des hausses de taxes douanières sur les deux voisins des Etats-Unis, par exemple, a encore été décalée d'un mois, au 2 avril prochain. Mexico et Ottawa ont de nouveau obtenu un répit.

L'Union européenne conçue pour « emmerder les Etats-Unis », selon Trump

Reste désormais aux négociateurs européens à entrer en scène. Les discussions ont déjà commencé puisque le Commissaire européen Maros Sefcovic était à Washington il y a quelques jours et que le ministre français des Finances, Eric Lombard, a rencontré son homologue américain Scott Bessent en début de semaine. Et, dès la fin de l'an passé, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, avaient plaidé pour que l'UE achète plus de gaz naturel liquéfié et d'armes aux Etats-Unis. Les Européens cherchent à dissuader Washington de saborder les fondements historiques du commerce mondial.

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Mais le président américain n'aime vraiment pas Bruxelles. « L'Union européenne a été conçue pour emmerder les Etats-Unis », a lâché Donald Trump ce mercredi. Avec ses conseillers, il met souvent en avant le fait que l'UE dégage un excédent commercial gigantesque avec l'Amérique. « L'Union européenne est le plus grand marché de libre-échange au monde. Et elle a été une aubaine pour les Etats-Unis », a rétorqué un porte-parole de l'exécutif européen dans un communiqué mercredi soir.

Désaccord sur les chiffres de déficit

Selon les chiffres américains, il aurait atteint 235 milliards de dollars en 2024 grâce aux ventes des secteurs pharmaceutiques, automobiles, à la plasturgie et aux machines-outils notamment. Les exportations européennes vers l'Amérique, qui avoisinaient 23 milliards de dollars par mois dans les années 2015 à 2017 s'élèvent désormais à plus de 40 milliards chaque mois. Mais les Etats-Unis exportent beaucoup de services, notamment numériques, vers le Vieux Continent, ce que Donald Trump se garde bien de mentionner.

Selon les économistes du cabinet Oxford Economics, de telles augmentations de tarifs douaniers porteraient préjudice d'abord au Danemark et à l'Irlande en raison de leur exposition au secteur pharmaceutique et ensuite à l'Allemagne et à la Slovaquie, très dépendantes de l'automobile.

Guillaume de Calignon