Panique sur les marchés financiers. Après la chute des Bourses européennes et de Wall Street, ce sont les places asiatiques qui ont décroché à leur tour ce lundi, inquiètes face à la nouvelle salve de taxes douanières imposées par Donald Trump. Signe de cette instabilité : le prix du pétrole a chuté de 4 %, atteignant son plus bas niveau depuis quatre ans.
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Derrière ces turbulences boursières, une question se pose pour des millions de Français : leur épargne est-elle en danger ? Car si la guerre commerciale semble lointaine, ses répercussions sur les marchés peuvent avoir un impact bien réel sur les placements des particuliers. Volatilité accrue, rendements en baisse, inflation en embuscade… Le climat d’incertitude actuel pousse à s’interroger sur la meilleure façon de protéger son argent.
Quelles conséquences pour l’épargne des Français ?
Malgré la panique qui gagne les marchés financiers, l’épargne des Français est, dans l’ensemble, relativement protégée, explique Philippe Crevel. "Plus de 60 % de l’épargne des ménages est investie dans des produits de taux", comme le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) ou le Livret d’épargne populaire (LEP), rappelle l’économiste. Or, ces produits, dont le rendement est fixé par l’État, ne sont pas exposés aux soubresauts des Bourses mondiales.
Même chose pour les fonds en euros de l’assurance vie : "Ils ne dépendent pas des actions mais des obligations d’État, et offrent une garantie en capital", poursuit l’économiste. En revanche, une part plus réduite de l’épargne est exposée aux fluctuations boursières : les unités de compte, présentes dans environ 30 % des contrats d’assurance vie, ainsi que les Plans d’épargne en actions (PEA). "Les 7 millions de Français qui détiennent un PEA voient leur épargne un peu fondre, mais cela reste marginal à l’échelle des 6 000 milliards d’euros d’épargne financière", relativise-t-il.
Faut-il s’inquiéter ?
Le message principal de Philippe Crevel est clair : il ne faut pas agir dans la précipitation. D’abord, parce que la majorité de l’épargne est sécurisée. Ensuite, parce que les marchés ont toujours fini par se redresser. "Il y a eu des krachs dans le passé. On s’en est remis", rappelle-t-il.
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Et même si la chute actuelle évoque d’autres crises marquantes – comme celle de 1997 en Asie –, "on n’est pas encore dans un krach", insiste-t-il. "Le seuil des – 20 % n’est pas atteint." Pour les épargnants qui n’ont pas un besoin immédiat de liquidités, le mot d’ordre est donc simple : faire le dos rond. "Ce n’est pas la fin du monde. C’est un moment critique, mais il faut savoir attendre que l’orage passe."
Comment réagir en tant qu’épargnant ?
Dans ce contexte de forte volatilité, la tentation peut être grande de retirer ses placements risqués. Pourtant, pour Philippe Crevel, la bonne stratégie consiste à garder son sang-froid. "Ce n’est pas parce qu’autour de vous, ça panique, qu’il faut imiter", explique-t-il, appelant au contraire à "être opportuniste".
Avec un CAC 40 passé sous les 6 900 points après une chute de 15 %, "il peut être temps de faire quelques emplettes", suggère l’économiste. À condition, bien sûr, d’avoir un horizon d’investissement à long terme. "Il y a des valeurs qui vont rebondir. Les entreprises sont solides, bien gérées. Il y a des opportunités à saisir."