Le maire insoumis de Saint-Denis a remporté la présidence de la plus grande intercommunalité de Seine-Saint-Denis contre son voisin socialiste élu à Saint-Ouen.

Par Alexandre Boudet avec AFP

Une deuxième victoire en un mois contre le PS. Le maire (La France insoumise) de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a été élu mardi 21 avril à la présidence de Plaine Commune, l’une des plus grandes intercommunalités d’Île-de-France. Il a battu avec 46 voix contre 32 son voisin socialiste Karim Bouamrane qui est le maire de Saint-Ouen.

Cela représente une victoire inédite pour le parti de Jean-Luc Mélenchon et cela acte surtout une cinglante défaire pour Karim Bouamrane qui s’était déclaré candidat la veille du scrutin. Il disait redouter que LFI « préempte » cet outil pour en faire « une caisse de résonance » de sa candidature à la présidentielle de 2027 et avait même menacé de retirer la contribution financière de sa ville à l’intercommunalité.


Bally Bagayoko et les attaques : ce que révèle le ciblage de la nouvelle coqueluche LFI

« Je ne concours pas à devenir président insoumis », mais le président d’une coopérative de villes, lui a répondu Bally Bagayoko lors de son discours de candidat applaudi par des soutiens qui ont ensuite parfois hué son rival. Un peu plus tôt il avait eu des mots délicats contre son rival indirectement qualifié de « lâche » ou « d’irresponsable ».

Une fois les résultats du vote annoncés, les deux hommes ont semblé toutefois enterrer la hache de guerre. « Bien sûr chacun des maires sera respecté »« Saint-Ouen a sa place, j’entends les inquiétudes », a déclaré publiquement le nouveau président en invitant le maire de Saint-Ouen à une rencontre pour travailler ensemble. Karim Bouamrane l’a finalement remercié pour sa « main tendue sincère », tout en réclamant « le respect ».


Plaine Commune : Sept villes et 450 000 habitants

Plaine commune est l’un des établissements publics territoriaux créés il y a dix ans dans le périmètre de la métropole du Grand Paris. Ce puissant outil d’aménagement urbain emploie plus de 2200 agents pour un territoire de plus de 450 000 habitants. Il englobe Saint-Denis-Pierrefitte et six autres villes de Seine-Saint-Denis dirigées par des maires de gauche (fraîchement élus à Aubervilliers et La Courneuve, ou réélus à Saint-Ouen-sur-Seine, Stains, Villetaneuse, L’Ile-Saint-Denis) et une septième dirigée par un édile de droite, Épinay-sur-Seine.

Bally Bagayoko a déjà annoncé que l’établissement public territorial prendrait des décisions « assez fermes en direction de l’État ». Il souhaite en faire « un outil politique mais dans l’intérêt des habitants du territoire », citant prioritairement les questions de l’eau, du service public, de l’aménagement du territoire, en rejetant « une logique de divisions entre différents quartiers et différentes villes ».

Son prédécesseur était le socialiste Mathieu Hanotin, qu’il a battu aux municipales à Saint-Denis. Celui-ci avait introduit la séance en évoquant son action « contre l’urgence climatique », sa politique de lutte contre l’habitat indigne « exemplaire » ou les 14 projets de renouvellement urbain « à poursuivre, avant d’invoquer le nécessaire » esprit de compromis dans cette institution.