Vendredi 10 octobre 2025 au matin, par le biais d’un communiqué de presse, Sébastien Lecornu, le Premier ministre pensait très certainement calmer la grogne qui montait chez les sapeurs pompiers volontaires depuis quelques mois. Le sujet ? L’application d’une loi datant du 14 avril 2023, sur la possibilité pour les pompiers volontaires (200 000 en France) de « bénéficier de trimestres de retraite supplémentaires, sous réserve d’avoir dix ans d’activité, continue ou pas ». Une loi toujours pas appliquée aujourd’hui.
Bruno Retailleau confirme
Au Mans, lors du 131e congrès national des sapeurs pompiers, cette annonce a été confirmée par Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur démissionnaire, lors d’une visite éclair en Sarthe, vendredi midi, en précisant : « J’ai obtenu un accord avec tous les ministres concernés, et je vous confirme l’annonce du Premier ministre : les sapeurs pompiers volontaires ayant accompli au moins quinze années de service bénéficieront ainsi d’un trimestre supplémentaire de retraite. Un trimestre additionnel sera accordé tous les cinq ans d’engagement supplémentaire, dans la limite de trois trimestres au total. C’est un engagement important qui est une prime à la fidélisation et qui représente un effort de 40 à 45 millions d’euros. »
Une plainte contre le Premier ministre
Mais cette annonce n’a pas tardé à soulever des interrogations. « Ça veut dire quoi, ces quinze ans ? Ils sortent d’où ? Si on fait seulement dix ans, nous n’aurons plus les trimestres supplémentaires annoncés dans la loi de 2023 ? » questionne un pompier volontaire breton présent au congrès du Mans.
Dans la soirée, c’est le syndicat des sapeurs pompiers volontaires de France qui a réagi avec force. « C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase »,écrit Bruno Menard, le secrétaire général du syndicat SPV France qui « a déposé une plainte contre le Premier ministre » et rédigé « un recours en carence contre le gouvernement car c’est une violation de l’article 432-1 du Code pénal visant des abus d’autorité dirigés contre l’administration ». En langage de pompiers, cela s’appelle une reprise de feu…