Il n’y a plus de musique, mais quelque 900 fêtards sont encore sur place, a relevé mardi matin la préfecture de l’Aude, qui avait comptabilisé un pic de 2 500 participants au cours du week-end. Elle a également renouvelé son appel aux fêtards à quitter les lieux.
« Cette nuit, la rave party s’est poursuivie dans le calme. La musique a été définitivement arrêtée. Si un incident a nécessité l’intervention des gendarmes, celui-ci est resté marginal », écrit la préfecture, précisant que le nombre de gendarmes sur place s’est accru, passant de 150 à 260.
Voitures renversées, mais pas d’arrestations
Un survol par hélicoptère a permis de constater le démontage des enceintes et autre matériel, a indiqué de son côté la gendarmerie, ajoutant que lundi les forces de l’ordre sont intervenues, alors que des agriculteurs voulaient s’en prendre aux fêtards. Il n’y a pas eu d’interpellations ni de blessés.
Lundi, des voitures de fêtards, garées le long des routes, avaient été endommagées par des agriculteurs, des viticulteurs, et des villageois excédés et de vives altercations les avaient opposés à des jeunes venus de toute la France.
« La tension est en train de monter. Après les incendies qu’on a connus, les habitants sont à bout de nerfs, on a des gens qui ont tout perdu, et ceux-là qui font la fête au milieu, ça va mal finir », avait déploré lundi Christophe Tena, le maire de Fontjoncouse, village viticole de 140 habitants.
Interdire, comme en Italie
La rave party a débuté vendredi soir dans une plaine agricole située entre Fontjoncouse et Coustouge, des villages au cœur d’une zone sinistrée par le gigantesque incendie qui a parcouru 16 000 hectares dans l’Aude du 5 au 10 août, et a notamment détruit 36 habitations et tué une personne.
« C’est totalement indécent : une femme qui est morte. C’est un territoire qui est meurtri. On ne devrait pas faire la fête », a dénoncé le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, par ailleurs président des Républicains. « L’Italie, il y a trois ans, a adopté une législation très dure où ils ont criminalisé l’organisation de ces manifestations. Elles sont interdites. Il va falloir faire la même chose en France ».
« Il faut faire que ce soit un délit et non pas seulement une contravention, avec un risque de prison. En Italie, ça va jusqu’à six ans de prison et plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amendes… On verbalise d’abord les organisateurs et puis, ensuite, aussi, la participation à hauteur, par exemple, de 750 euros », a-t-il poursuivi, dénonçant « un supermarché de la drogue à ciel ouvert ».