Lait infantile Nestlé : deux enquêtes ouvertes après la mort de deux bébés en ayant consommé.

La justice va se pencher sur l’affaire des laits infantiles contaminés. Deux enquêtes ont été ouvertes en France après les morts récentes de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de « possible contamination » par une substance d’origine bactérienne, sans « lien de causalité » établi pour l’heure, selon les autorités.

Lait infantile Nestlé : deux enquêtes ouvertes après la mort de deux bébés en ayant consommé.

La justice a annoncé jeudi 22 janvier l’ouverture d’une enquête sur le décès suspect, le 8 janvier à l’hôpital Haut Lévêque de Pessac, près de Bordeaux (sud-ouest) d’un bébé né le 25 décembre.

Qu’est-ce que la céréulide, cette toxine présente dans des lots de lait infantile rappelés par Lactalis ?

« Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus », a précisé jeudi à l’AFP le procureur de la République à Bordeaux, Renaud Gaudeul.

À Angers - où une enquête a été ouverte en décembre pour rechercher les causes du décès d’une petite fille de 27 jours, morte le 23 décembre - la mère de l’enfant a recontacté les enquêteurs « il y a deux jours » pour évoquer une boîte de lait Guigoz donnée à son bébé, a indiqué jeudi le procureur de la ville, Éric Brouillard.

« C’est une piste sérieuse » mais il est « beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale », a souligné le procureur, qui a saisi « en urgence » un laboratoire.

Pas de « lien de causalité » « à ce stade »

Nestlé, géant suisse de l’agroalimentaire, avait engagé le 5 janvier un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal en raison de la présence potentielle de « céréulide » dans ces produits pourtant très contrôlés. Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, peut causer d’importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.

À Bordeaux, le bébé avait été conduit en urgence à l’hôpital le 7 janvier, « la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l’enfant », selon le procureur. Les premiers résultats d’analyses diligentées par l’enquête « ont établi l’absence de contamination par la bactérie Bacillus Cereus » mais « des analyses complémentaires » ont été demandées pour retrouver la toxine céreulide, a précisé Renaud Gaudeul jeudi soir. Les résultats de ces nouvelles analyses, « plus longues », « ne sont pas encore connus », a-t-il précisé.

Les ministères de l’Agriculture et de la Santé ont évoqué jeudi, dans un communiqué, une alerte sanitaire « d’ampleur, qui reste évolutive », assurant déployer une « surveillance continue » du dossier. « À ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons », ont-ils fait valoir.

« La conjonction des deux choses n’est pas établie, c’est ça que l’enquête va déterminer », a confirmé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, disant suivre le dossier avec une « très grande vigilance ». « Il est de la responsabilité des entreprises de réaliser des contrôles et de rappeler les lots contaminés », a-t-elle insisté.

Lactalis rappelle aussi du lait infantile

Le rappel effectué par Nestlé concerne une soixantaine de pays parmi lesquels la France. Le patron du groupe suisse, Philipp Navratil, a présenté des excuses à la mi-janvier, alors que Nestlé est accusé par certaines ONG d’avoir tardé à prendre des mesures.

Mercredi, le groupe français Lactalis a également annoncé un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays, notamment la France, la Chine, l’Australie et le Mexique. Selon les ministères de l’Agriculture et de la Santé, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié à un ingrédient soupçonné d’être source de la contamination, « une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés, produite par un fournisseur chinois ».