Un scénario qui s’explique par l'opposition de certaines forces politiques, y compris à gauche, qui complexifie l'équation.
S’il a tendu la main à Emmanuel Macron, proposant la constitution d’un gouvernement de gauche, le Parti socialiste devrait rester sur la touche. Ce lundi, quelques minutes après le rejet de la confiance à François Bayrou, l’Élysée a indiqué qu’il nommerait un nouveau Premier ministre «dans les tout prochains jours».
Pourtant à «la disposition» du président de la République, Olivier Faure, Premier secrétaire du PS, a indiqué qu’il n’avait pas été contacté par le chef de l’Etat. Quelques jours avant le vote de confiance à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron avait cependant sommé les chefs du camp gouvernemental «à travailler» avec le PS.
Une ouverture qui a commencé à trouver son chemin au sein du parti présidentiel, désireux de trouver un «compromis» avec la gauche, excluant cependant La France insoumise.
LE REFUS CATÉGORIQUE DE LA FRANCE INSOUMISE
Se disant prêt à gouverner, le Parti socialiste entend cependant mener une «politique de gauche», marquant son intention de «rompre avec la politique qui a été menée pendant huit ans».
Ouvert au dialogue et disposer à travailler avec Les Écologistes et les communistes, le PS devrait cependant essuyer le rejet de La France insoumise, avec qui les liens sont rompus depuis plusieurs mois.
En effet, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n’a cessé de pointer du doigt la proposition émise par le Parti socialiste à Emmanuel Macron. Un exécutif socialiste, s’il venait à être constitué, pourrait même être censuré par La France insoumise.
«Le seul gouvernement que nous soutiendrons sera le nôtre, c’est-à-dire celui qui gouverne sur un programme de rupture»», martelait déjà la cheffe des députés LFI Mathilde Panot le 2 septembre dernier.
«HORS DE QUESTION» POUR BRUNO RETAILLEAU
Si le Rassemblement national a depuis longtemps promis la censure à tout gouvernement de gauche, Les Républicains semblent emprunter la même voie. Ce lundi soir sur France 2, la patron des LR, Bruno Retailleau a prévenu qu’il était «hors de question» d’accepter un Premier ministre socialiste.
Le ministre de l’Intérieur démissionnaire a ainsi pris ses distances avec le président des députés LR Laurent Wauquiez qui ne souhaite pas «une censure automatique». «On ne rentrera pas au gouvernement à n’importe quelle condition», a ajouté Bruno Retailleau, remettant en jeu son alliance avec le bloc central.
Face à une nouvelle impasse, l’hypothèse d’un gouvernement représenté par un Premier ministre du bloc central, avec un accord de non-censure, semble la solution envisagée par l’Elysée.