En résumé :
- Emmanuel Macron doit tirer les leçons des consultations de la dernière chance menées par Sébastien Lecornu afin de nommer un Premier ministre d’ici à ce vendredi 10 octobre au soir, éviter une nouvelle dissolution et boucler le budget 2026. Il a invité l’ensemble des chefs de partis, sauf le RN et la France insoumise, à l’Elysée à 14 h 30.
- A quelques heures d’une nomination, deux scénarios reviennent avec force : la reconduction de Sébastien Lecornu ou la carte Jean-Louis Borloo, éternel «revenant» par temps de crise.
- Le Parti socialiste d’Olivier Faure continue de réclamer une cohabitation avec une personnalité de gauche à Matignon, tout comme les écologistes. A droite, Bruno Retailleau a répété son refus de participer à un gouvernement dirigé par un Premier ministre de gauche ou macroniste.
- La France insoumise, qui demande la démission d’Emmanuel Macron, promet de censurer «tout gouvernement de grande coalition». Quant au Rassemblement national, il est catégorique : «Je censurerai tous les gouvernements jusqu’à obtenir la dissolution», a prévenu Marine Le Pen.
16:05
RN et LFI n'ont pas été conviés à l'Elysée car ils ont «indiqué rechercher la dissolution»
L’entourage d’Emmanuel Macron a justifié ce vendredi l’exclusion du Rassemblement national et de La France insoumise de la réunion des chefs de parti en cours à l’Elysée. Raison de cette mise à l’écart : ils ont «indiqué rechercher la dissolution» de l’Assemblée nationale. Le Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu, «ayant indiqué qu’il existait une majorité de formations politiques opposées à la dissolution, qui est un pouvoir constitutionnel présidentiel, le chef de l’Etat a souhaité les recevoir. Cela excluait de facto le RN et LFI», a précisé l’entourage présidentiel à l’AFP.
15:44
Pour Marine le Pen, la réunion à l'Elysée est un rassemblement de «marchand de tapis»
Pour celle qui a été exclue – tout comme LFI – de la réunion qui se tient en ce moment à l’Elysée, cette rencontre entre les différentes forces politiques relève d’un «spectacle affligeant, désespérant et même pathétique». Depuis le Congrès national des sapeurs-pompiers, qui se tient au Mans, le cheffe de file du RN dénonce une «rupture» avec la fonction présidentielle, et s’interroge. «Est-ce qu’il est vraiment du rôle du président de la République d’organiser une réunion de marchand de tapis dans l’unique objectif d’essayer d’éviter des élections ?» Selon Marine le Pen, «rien de bon ne peut sortir en réalité de cette réunion de tractations.» Elle continue de plaider pour une dissolution de l’Assemblée.
14:32
Les chefs de partis sont arrivés à l’Elysée pour la réunion de crise convoquée par Macron
Les responsables politiques se sont succédé sur le perron de l’Elysée. Les leaders de 11 partis et groupes politiques ont été réunis par le chef de l’Etat, à l’exception notable du RN et des Insoumis, dans ce qui ressemble à une réunion de la dernière chance. Marc Fesneau, chef des députés MoDem, et Hervé Marseille, président de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), ont monté les premiers les marches, suivis des responsables de gauche, arrivés ensemble, puis de Bruno Retailleau, le patron de LR... Ils n’ont fait aucune déclaration.
14:20
Un gouvernement Lecornu 2.0 ? Même une partie de la macronie grimace
«Pas un bon signal», «ne pas donner le sentiment de s’acharner», «je ne comprendrais pas»... Une partie du camp présidentiel montre son opposition face à l’hypothèse tenace d’une reconduction de Sébastien Lecornu comme Premier ministre. Ce vendredi matin encore, par médias interposés, Gabriel Attal sur France 2, Agnès Pannier-Runacher, le centriste Hervé Marseille sur LCI, ont répété cette ligne partagée par une partie des troupes macronistes. «Quelqu’un qui a travaillé dans l’opacité, qui a été obligé de démissionner et qui reviendrait dans ces conditions-là, on voit bien que les forces politiques [seraient] très mal à l’aise voire hostiles. Il faut partir d’une page blanche», a souligné Hervé Marseille... qui préférerait de loin le scénario plaçant son «ami» Jean-Louis Borloo à Matignon.
13:53
Marine Le Pen est arrivée au Mans

La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (à gauche), et la députée du Rassemblement national, Marie-Caroline Le Pen, au parc des expositions du Mans, le 10 octobre 2025. (Jean-François Monier/AFP)
Le Mans voit défiler les politiques. Après Bruno Retailleau, parti rejoindre Paris et la réunion organisée à l’Elysée à 14h30 avec les autres responsables des partis, c’est au tour de Marine Le Pen d’être reçue au 131e congrès national des sapeurs-pompiers.
Devant le congrès national des sapeurs-pompiers, Bruno Retailleau «termine ses fonctions» de Ministre de l'Intérieur
Au Mans, face aux pompiers, Bruno Retailleau a rappelé en fin de matinée qu’il ne fera pas partie du prochain gouvernement. «J’avais commencé le mandat qui m’avait été confié de ministre de l’Intérieur aux côtés de Michel Barnier au début du mois d’octobre 2024 à Macon par votre congrès. Et je terminerai mes fonctions par cet autre congrès, au Mans», a-t-il fait savoir.
Le Haut conseil des finances publiques va se prononcer lundi sur les projets de budget
Le Haut conseil des finances publiques (HCFP) organise lundi 13 octobre une conférence de presse pour exposer son avis sur les projets de budget de l’Etat et de la Sécurité sociale, qu’un éventuel nouveau Premier ministre pourrait présenter le même jour. Ce est en effet la date butoir pour la présentation du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) en conseil des ministres et à l’Assemblée nationale. On le rappelle, les députés et sénateurs doivent disposer ensuite des 70 jours prévus par la Constitution afin d’examiner les textes budgétaires et de permettre leur adoption puis leur promulgation au Journal officiel avant le 31 décembre, après saisie éventuelle du Conseil constitutionnel.
Avant la réunion des responsables de partis, l’Elysée en appelle à la «responsabilité collective»
Il ne faudrait quand même pas que la réunion des représentants de 11 partis (hors RN et LFI) se transforme en charivari digne d’une cour de récré. Alors que la rencontre à l’Elysée approche (Emmanuel Macron leur a donné rendez-vous à 14 h 30), la présidence publie un communiqué pour rappeler qu’elle «doit être un moment de responsabilité collective». Cette déclaration laconique adressée aux médias est la seule explication fournie par l’Elysée depuis l’invitation envoyée dans la nuit aux responsables politiques.