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Municipales 2026 : Rachida Dati, François Bayrou, Christian Estrosi… Quel avenir pour les candidats déchus ?

Municipales 2026 : Rachida Dati, François Bayrou, Christian Estrosi… Quel avenir pour les candidats déchus ?

Le second tour de dimanche 22 mars a, mathématiquement, engendré davantage de défaites que de victoires. Avec, dans certaines grandes villes, des candidats à l’élection municipale essuyant de cuisants revers, attendus pour certains, inopinés pour d’autres. Ces derniers sont désormais contraints d’envisager un mandat dans l’opposition. Quand d’autres préfèrent ne pas siéger face au fauteuil tant convoité, comme l’a révélé Christian Estrosi, à Nice.

Jusqu’à 20 h, dimanche 22 mars, ils se voyaient déjà en haut de l’affiche. Ils s’imaginaient siéger au centre du conseil municipal, écharpe tricolore bien visible… Mais les urnes en ont décidé autrement. Ce second tour des élections municipales a forcément fait plus de battus que d’heureux élus. Et parmi ces candidats qui n’ont pas raflé la mairie, certaines figures politiques vont être contraintes de revoir leur trajectoire professionnelle pour les six prochaines années.

Municipales 2026 : Résultats des élections municipales 2026 Paris

Dati veut continuer à « se battre »

C’est notamment le cas de Rachida Dati, qui a quitté, le 25 février dernier, son poste de ministre de la Culture qu’elle occupait depuis janvier 2024, pour se consacrer à la campagne pour la mairie de Paris. Mais, avec 9 points d’avance, c’est son adversaire socialiste Emmanuel Grégoire que les électeurs ont préféré sacrer, malgré l’absence d’alliance avec la candidate LFI, le retrait de Sarah Knafo, du parti Reconquête, ainsi que celui du candidat Renaissance Pierre-Yves Bournazel, censés bénéficier en tous points de vue à Rachida Dati.

Une claque pour la maire LR du VIIe arrondissement de Paris, dans lequel elle a toutefois été réélue dès le premier tour, le 15 mars. Déjà défaite lors du scrutin parisien de 2020, Rachida Dati est toutefois apparue combative dimanche soir. « Le résultat n’est pas celui espéré, a-t-elle concédé sur X, mais je ne renonce à rien. Paris et les Parisiens méritent mieux et je continuerai à me battre pour vous. »

La candidate déchue aura dans tous les cas un agenda bien chargé après l’été. Soupçonnée d’avoir perçu 900 000 € d’une filiale de Renault-Nissanpour avoir fait illégalement du lobbying au Parlement européen, l’ancienne ministre sera jugée pour trafic d’influence et corruption du 16 au 28 septembre 2026.

Après le second tour des élections municipales, quel est votre sentiment à un an de la présidentielle 2027 ?

Débattez !

En cas de condamnation, elle encourt une peine de cinq ans d’inéligibilité et, risque, le cas échéant, de perdre son écharpe de maire du VIIe arrondissement.


François Bayrou fragilisé, mais « pense à l’avenir »

Après deux mandats et un petit détour par Matignon, François Bayrou a essuyé un sérieux revers dans la ville de Pau dimanche soir. Il était pourtant arrivé en tête au premier tour, dans sa ville, et s’imaginait une belle avance dimanche, après avoir fusionné avec un candidat sans étiquette, quand son adversaire avait refusé l’alliance avec une liste LFI.

« C’est une soirée difficile pour nous et je crains un peu que ce soit une soirée difficile pour notre ville », a déclaré le président du MoDem de 74 ans depuis son QG de campagne, après avoir consenti sa défaite face au socialiste Jérôme Marbot, qui ne l’a devancé que de 344 petites voix.

Mais, comme Rachida Dati au même moment, il a préféré se projeter dans son nouveau rôle de chef de l’opposition paloise. « Notre rôle à tous c’est de penser l’avenir […] Nous serons là ensemble dans les semaines et les mois qui viennent », a déclaré François Bayrou.

L’année fut mouvementée pour l’ancien Premier ministre, qui doit déjà digérer une première défaite, après le renversement de son gouvernement par l’Assemblée nationale en septembre 2025, après seulement 9 mois passés à Matignon. Une période durant laquelle le chef du MoDem a été fragilisé par l’affaire Bétharram.

En plus de son rôle dans l’opposition, François Bayrou aura déjà bien à faire avec la présidence de son parti, qui devrait l’occuper au moins jusqu’au printemps 2027. Et puis, lui aussi devra retrouver les bancs du tribunal. Il sera jugé en appel, à la rentrée, dans l’affaire des assistants parlementaires européens du MoDem (dans laquelle François Bayrou a été relaxé en première instance). Et l’élection présidentielle de 2027, y songe-t-il ? « Il m’a confirmé qu’il n’irait pas », a assuré un de ses proches à l’Agence France-Presse.

Jean-Michel Aulas revendique sa place dans l’opposition

Le scrutin lyonnais était l’un de ceux qui laissaient planer le plus d’incertitudes dimanche, jusqu’à la proclamation, peu avant minuit, des résultats définitifs, actant la victoire du maire sortant écologiste Grégory Doucet. Avec 3 000 voix d’écart, l’ancien président de l’Olympique lyonnais, est arrivé en seconde position, avec 49,33 % des voix (contre 50,67 % pour son rival de gauche), mais n’a pas reconnu immédiatement sa défaite, assurant même vouloir déposer un recours devant le tribunal administratif.

Lire aussi : Municipales 2026 : quel recours Jean-Michel Aulas peut-il déposer après sa défaite à Lyon ?

Changement de ton ce lundi. Dans un message posté sur X pour remercier ses électeurs, Jean-Michel Aulas a assuré qu’il siégera dans l’opposition à la mairie afin « que la voix de toutes les Lyonnaises et de tous les Lyonnais soit entendue, avec exigence et constance ».

« À la tête des 27 élus d’opposition à la mairie de Lyon, et avec l’appui incontournable et déterminant de notre ancrage à la Métropole », son mouvement nommé Cœur Lyonnais « jouera pleinement son rôle », a ajouté le candidat déchu de la droite et du centre. L’ancien gérant de l’OL compte également « plus que jamais jouer pleinement » son « rôle à la Métropole », a-t-il clamé.


Alain Carignon dit « adieu à un mandat d’élu »

Alain Carignon, lui, n’a pas réussi, dimanche, à récupérer la mairie de Grenoble, dont il était l’édile entre 1983 et 1994. L’ancien ministre sous Jacques Chirac a été battu par Laurence Ruffin, qui se présentait à la tête d’un collectif de partis écologistes et de gauche et a remporté 56,59 % des voix. Dans la foulée, il a, lui aussi, annoncé, ce lundi, lors d’une conférence de presse relayée sur les réseaux sociaux, qu’il ne siégera pas au conseil municipal. « Je dis adieu à un mandat d’élu » a ajouté le candidat déçu de 77 ans, qui assure que l’opposition « aura besoin d’une nouvelle incarnation » pour les prochaines élections municipales en 2033 à Grenoble.


Christian Estrosi « n’exercera pas ses mandats »

Avec la victoire écrasante de son ancien collègue au sein des Républicains, Éric Ciotti, désormais allié au RN, le Niçois Christian Estrosidoit faire une croix sur une municipalité sur laquelle il régnait depuis 18 ans. Après cette campagne particulièrement violente, qui a vu émerger une guerre fratricide dans cette ville des Alpes-Maritimes, le maire sortant, qui se présentait sous l’étiquette Horizon, n’a récolté que 37,2 % des voix, contre 48,54 % pour son grand rival. Quand en 2020, il avait été réélu haut la main, avec 60 % des voix.

De quoi susciter un refus de siéger dans l’opposition, face au siège qu’il a longtemps occupé. « Le mandat de maire de Nice était la clé de voûte de mon engagement politique. Après la transition républicaine, je n’exercerai pas mes mandats », ni à la ville, ni à la métropole, a déclaré Christian Estrosi dimanche soir, en disant « songer à d’autres défis ». Sans préciser lesquels, pour celui qui n’avait jusqu’ici perdu qu’une seule élection, une cantonale… En 1994.

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