Crise politique : Sébastien Lecornu arrive à l'Elysée au terme de ses

Sébastien Lecornu mène ce mercredi 8 octobre sa dernière journée de négociations avec les partis politiques pour tenter de trouver une issue à la crise politique.

Crise politique : Sébastien Lecornu arrive à l'Elysée au terme de ses

Une suspension de la réforme des retraites est envisagée et suscite de nombreuses réactions divisant la classe politique.

Emmanuel Macron a demandé à Sébastien Lecornu, son Premier ministre désormais démissionnaire de lancer "d'ultimes négociations" qui doivent s'achever ce mercredi 8 octobre dans la soirée. Sébastien Lecornu reçoit aujourd'hui les socialistes, les Écologistes et les communistes. Suivez cette journée politique cruciale sur LaProvence.com.

La popularité d'Emmanuel Macron en chute libre

D'après le baromètre politique Elabe pour "Les Echos" publié ce mercredi, la popularité d'Emmanuel Macron est en chute libre. Elle atteint 14%, battant son propre record d'impopularité, établi à 17% le mois dernier, contre 27% en mars 2025.

Il atteint ainsi le record d'impopularité établi par François Hollande en novembre 2016.

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"On appelle à un retour aux urnes, il faut en finir avec les tractations", déclare Jordan Bardella

"On appelle à un retour aux urnes, il faut en finir avec les tractations. Pendant que la classe politique discute, les Français souffrent", a déclaré le patron du Rassemblement National, Jordan Bardella, à quelques heures de l'allocution télévisée du Premier ministre démissionnaire, Sébastien Lecornu. 

"Macron essaie de gagner du temps mais il sait que c'est fini", a-t-il affirmé, à la sortie d'une réunion en cette pleine journée de tractations politiques.

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Sébastien Lecornu arrive à l'Elysée au terme de ses "ultimes négociations"

Sébastien Lecornu est arrivé mercredi peu après 18H00 à l'Elysée pour rendre compte au président Emmanuel Macron des "ultimes négociations" menées pour identifier des possibles compromis gouvernementaux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le Premier ministre démissionnaire devait ensuite se rendre au 20H de France 2 pour partager ses conclusions avec les Français, tandis que le chef de l'Etat n'a pas prévu de s'exprimer mercredi.

LFI censurera "tout gouvernement de grande coalition", déclare le député marseillais Manuel Bompard

La gauche s'est à nouveau réunie ce mercredi après-midi. A sa sortie, le député marseillais Insoumis Manuel Bompard s'est exprimé : "Nous sommes satisfaits que par rapport à hier, nous avons eu un participant en plus, le député communiste etcoprésident du groupe Gauche démocrate et républicaine Stéphane Peu". Les Ecologistes, l'Après (le mouvement notamment d'Alexis Corbière) et Génération.s. étaient également présents.

Le député marseillais a également confirmé la stratégie des Insoumis dans cette crise politique assurant que LFI censurera "tout gouvernement de grande coalition", incluant des personnalités macronistes ou de droite.

"Aucun accord de non censure acté ni avec Lecornu ni avec Macron", affirme la maire PS de Nantes

"Je peux vous dire que c'est une intox de l'Elysée. (...) À aucun moment donné, un accord de non-censure n'a été acté ni avec le Premier ministre démissionnaire ni avec le président de la République", a affirmé la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland sur LCI. 

Plus tôt dans l'après-midi, le chef du parti Olivier Faure avait quant à lui évoqué "une opération d'intox", à la suite d'un article publié par Europe 1 annonçant qu'un accord de non-censure du PS avait été obtenu en échange d'une suspension de la réforme des retraites. 

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Sébastien Lecornu lâche du lest sur le déficit, à quel coût ?

Sébastien Lecornu évoque désormais un objectif de déficit public "en dessous de 5%" du PIB en 2026 contre 4,7% il y a encore deux semaines, une révision qui lui donne de la marge pour négocier un accord sur le budget mais l'éloigne du chemin vers les 3% exigés par Bruxelles.

L'Union européenne avait formellement validé début 2025 le plan budgétaire de la France tel que présenté alors par le gouvernement de François Bayrou. Mais "si l'on ne suit plus la trajectoire, Bruxelles risque d'être mécontent", rappelle Charlotte de Montpellier, économiste pour ING. D'autant plus qu'à la différence de 2020, lors de la crise du Covid, ou pendant les années qui ont suivi où les prix de l'énergie ont explosé, "la France est toute seule en Europe dans cette situation de ne pas réussir à faire les réformes nécessaires", poursuit l'économiste.

"Est-ce que cela va se concrétiser par des menaces plus fortes ou par des amendes ? Difficile à dire à ce stade, mais je pense effectivement qu'on va avoir une période plus tendue", estime Charlotte de Montpellier. Toutes les instances européennes "regardent attentivement l'évolution actuelle" de la situation politique française, avait déclaré mardi la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde.

Roland Lescure, qui rencontrera jeudi et vendredi ses homologues européens, entend à cette occasion les "rassurer", a-t-il affirmé mercredi à des journalistes. "Les fondamentaux de l'économie française sont solides" et "nous sommes dans les clous" de l'objectif d'un déficit public à 5,4% du PIB en 2025, argue-t-il.

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Les Ecologistes contre Bernard Cazeneuve en Premier ministre

"Pas de Bernard Cazeneuve" en tant que Premier ministre. A leur sortie de Matignon, le message des Ecologistes a le mérite d'être clair réitérant leur souhait d'un "Premier ministre de gauche", a déclaré la cheffe des députés écologistes à l'Assemblée nationale Cyrielle Châtelain. 

Concrètement : "un Premier ministre qui a, lors des élections législatives, été en campagne au nom de la gauche et des écologistes et qui a eu le soutien des Français", précise la députée de l'Isère.

Macron ne nommera pas de Premier ministre ce mercredi

Le futur Premier ministre ne sera pas connu mercredi: Emmanuel Macron laissera le démissionnaire Sébastien Lecornu s'exprimer à 20H pour rendre compte des ultimes négociations menées avec les partis dont le PS, qui dit n'avoir reçu "aucune assurance" sur la suspension de la réforme des retraites.

La "seule expression de l'exécutif" attendue mercredi soir sera celle du Premier ministre démissionnaire au JT de France 2, a-t-on affirmé à l'AFP dans l'entourage du chef de l'Etat.

"La seule solution, c'est le retour aux urnes", selon Jordan Bardella

"Stop aux tractations, place aux élections." Sur X, le président du Rassemblement national Jordan Bardella appelle une nouvelle fois à dissoudre l'Assemblée nationale.

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"Si les Français nous veulent, nous sommes prêts", affirme Marine Le Pen

En cas de dissolution de l'Assemblée nationale et de retour aux urnes : "Si les Français nous veulent, nous sommes prêts et nous enverrons Jordan Bardella qui constituera un gouvernement de coalition", a déclaré Marine Le Pen. 

Mais la cheffe du groupe RN à l'Assemblée nationale a précisé : "Si nous n'avons pas de majorité absolue, nous respecterons la volonté du peuple français."

"Je censurerai tous les gouvernements jusqu'à obtenir la dissolution", prévient Marine Le Pen

Depuis le Sommet de l'élevage, Marine Le Pen n'a pas mâché ses mots à propos de la crise politique actuelle. Elle a jugé qu'"il ne serait pas sérieux" de renommer un Premier ministre démissionnaire : "Lecornu a démissionné, il n'a pas été censuré sa démission a été acceptée."

La présidente du groupe parlementaire Rassemblement national a fustigé "des gens prêts à se couper un membre pour maintenir leur place, et d'ajouter : "Ils crèvent de peur de retourner devant les électeurs". Elle juge "incontournable" une dissolution de l'Assemblée nationale.

Marine Le Pen a également confirmé sa feuille de route : "Je censurerai tous les gouvernements jusqu'à obtenir la dissolution."

Lecornu s'exprimera bel et bien au 20h de France 2 ce soir

"On tient beaucoup à la méthode: Sébastien Lecornu va d'abord rendre compte au président, puis aux Français au 20h" de ce à quoi il a abouti ou pas, a expliqué un proche du chef de l'Etat. Et ce avant toute décision présidentielle.

Un nouveau Premier ministre serait donc nommé au plus tôt jeudi, si telle est l'issue décidée par Emmanuel Macron qui peut aussi ouvrir de nouvelles consulations ou dissoudre l'Assemblée nationale.

Jeudi à 19H00, Emmanuel Macron doit présider la cérémonie d'entrée au Panthéon de Robert Badinter, ce qui l'empêche de parler aux Français lors d'une éventuelle allocution le soir. Mais s'il décide de nommer un Premier ministre ou de reconduire Sébastien Lecornu, il peut le faire par communiqué plus tôt dans la journée de jeudi.