Un journaliste blessé dans une manif à Lyon, ses collègues de France TV mettent en cause les « forces de l’ordre »

Le journaliste de France 2 et deux policiers ont été blessés à Lyon, au cours d’incidents lors de la journée nationale de mobilisation contre le budget d’austérité. Par Éva Craine avec AFP

Un journaliste blessé dans une manif à Lyon, ses collègues de France TV mettent en cause les « forces de l’ordre »

MÉDIAS - « Total soutien à notre collègue ». La société des journalistes de France Télévisions (SDJ) a publié un communiqué, ce jeudi 18 septembre au soir, après qu’un des leurs a été blessé à Lyon, mettant en cause « les forces de l’ordre ». Les faits sont survenus dans le cadre de la journée nationale de mobilisation contre le budget d’austérité proposé par François Bayrou cet été.

Les incidents ont débuté environ une heure et demie après le début de la manifestation lyonnaise, partie en fin de matinée. Hormis quelques heurts en tête de cortège, l’essentiel de la manifestation, qui a rassemblé entre 14 000 et 20 000 participants selon les chiffres de la police et des syndicats, s’est déroulée dans le calme.

Selon des journalistes de l’AFP sur place, vers 12 h 30, les forces de l’ordre ont fait un usage important de gaz lacrymogène et de quelques grenades de désencerclement pour répondre à des jets de projectiles venant de manifestants masqués et vêtus de noir placés en tête du cortège. Selon la préfecture il y a eu de « très nombreux jets de projectiles et tirs de mortiers (d’artifice) sur les forces de l’ordre »réalisés depuis « le pré-cortège composé de nombreux individus à risque qui empêch(ait) les syndicats d’avancer ».

« Il est inacceptable que des journalistes soient victimes d’un tir de grenade »

Lors des incidents, un journaliste de France 2 a été blessé au dos, sa chemise déchirée, selon un journaliste de l’AFP. « Nous ne savons pas s’il s’agit d’un tir de mortier (d’artifice) ou d’une grenade (des forces de l’ordre). Il a des brûlures superficielles et des acouphènes. Il est amené à l’hôpital », a précisé France TV à l’AFP.

Le SDJ de France Télévisions explique de son côté, dans un communiqué publié sur X, que « l’équipe [de journalistes] s’est retrouvée coincée entre les manifestants et les forces de l’ordre », puis que « [leur] collègue a reçu un projectile sur son sac à dos. »

« Étant donné la trajectoire du projectile, il paraît évident qu’il provient des forces de l’ordre », ajoutent les journalistes. Et de poursuivre : « Sans présumer l’intention du geste, il est inacceptable que des journalistes soient victimes d’un tir de grenade dans l’exercice de leur métier ». « Leur statut les protège et les forces de l’ordre doivent en tenir compte (...), les journalistes doivent pouvoir travailler librement et en sécurité », rappellent-ils.

Le syndicat national des journalistes (SNJ) demande pour sa part une enquête pour « déterminer l’origine du tir qui a atteint notre confrère », précisant que l’équipe de reportage « très choquée » était accompagnée de deux agents de sécurité.

Un policier a « perdu une dent »

Deux policiers ont par ailleurs été blessés, dont l’un a « perdu une dent » à la suite d’un jet de projectile, selon la préfecture.

Le cortège a ensuite repris sa marche peu après 13 h, jusqu’à l’arrivée de la manifestation place Bellecour, avec toutefois encore des jets de mortiers d’artifice contre la police et de gaz lacrymogène. À l’issue de cette manifestation, la préfecture a indiqué que trois personnes ont été interpellées pour « des jets de projectiles ou tentatives de blocages ».

Plusieurs heures après, en début de soirée, les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser un cortège de 250 personnes issu d’un rassemblement non déclaré dans le 8e arrondissement de Lyon. Sept personnes ont été interpellées et deux policiers blessés, selon la préfecture.