Une arme qui pourrait changer le cours de la guerre si elle était employée. Le président russe a été clair jeudi : si les États-Unis envoient des Tomahawk à Kiev, ce serait une « nouvelle escalade » dans les relations entre Moscou et Washington. « Employer des Tomahawk est impossible sans la participation directe de militaires américains », a prévenu le président russe dans un forum de discussion à Sotchi.
Si le président russe est si menaçant, c’est que le Tomahawk est une arme d’un tout autre calibre que celles utilisées depuis le début de la guerre. D’une portée de 1 700 km, il peut atteindre Moscou ou Saint-Pétersbourg s’il est tiré depuis le sol ukrainien.
Et Washington réfléchirait sérieusement à envoyer ce missile surpuissant à Kiev, tout en l’autorisant à frapper la Russie en profondeur. Interrogé dimanche sur Fox News sur cette possibilité, l’émissaire américain pour l’Ukraine Keith Kellogg a répondu qu’en « lisant ce que (Donald Trump) a dit, ce que le vice-président Vance a dit et ce que le secrétaire d’État Rubio a dit, la réponse est oui », ajoutant qu’il « n’existe pas de sanctuaires » quant au fait de frapper la Russie loin dans ses terres.
Exclue pendant la présidence Biden, la livraison de ces missiles longue portée aux Ukrainiens pourrait donc devenir concrète, confirme Guillaume Ancel, ancien officier de l’armée de terre et chroniqueur de guerre. « Donald Trump souhaitait absolument éviter cette option parce qu’il voulait surtout conserver sa relation qu’il disait « fantastique » avec Poutine ». Mais la position inflexible du président russe dans les négociations avec Washington, qui allait jusqu’à il y a peu dans son sens, l’a fait changer d’avis. « Donald Trump réalise qu’il peut avoir une conversation fantastique avec son ami Poutine qui envoie le soir même des missiles sur Kiev », grince le chroniqueur, créateur du blog « Ne pas subir ».