Ukraine : Friedrich Merz veut durcir les sanctions si Vladimir Poutine refuse un cessez-le feu

À l'appel de Volodymyr Zelensky, les dirigeants de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de la Pologne se rendent pour la première fois ensemble en Ukraine. Un moyen de préciser les contours encore flous d'une future coalition de soutien à Kiev.

Ukraine : Friedrich Merz veut durcir les sanctions si Vladimir Poutine refuse un cessez-le feu

« La Russie doit accepter un cessez-le-feu complet et inconditionnel de 30 jours », estime Keir Starmer

Le Premier ministre britannique a partagé sur X une photo des dirigeants européens sur la place Maïdan. « La Russie doit accepter un cessez-le-feu complet et inconditionnel de 30 jours pour créer un espace de négociations sur une paix juste et durable en Ukraine », écrit-il.

« Chaque pas que nous faisons dans ce sens est un pas de plus vers la sécurité et la prospérité au Royaume-Uni », a estimé Keir Starmer.

Les conditions de Moscou pour un cessez-le-feu

Sur la chaîne américaine ABC, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé qu'un cessez-le-feu devrait être précédé d'un arrêt des livraisons d'armes occidentales, faute de quoi cela donnerait « un avantage à l'Ukraine » à un moment où « les troupes russes avancent de manière assurée » sur le front. Moscou a donc rejeté pour l'instant les appels au cessez-le-feu.

Réunion virtuelle avec la « coalition des volontaires »

Friedrich Merz, Emmanuel Macron, Volodymyr Zelenskiy, Keir Starmer et Donald Tusk assistent à une réunion de la « coalition des volontaires » au palais Mariyinsky, la résidence officielle du président de l'Ukraine, à Kiev. Cette réunion est pilotée par Londres et Paris, pour discuter des « garanties de sécurité » pour l'Ukraine en cas de cessation des hostilités.

Les images de l'hommage aux victimes

Le président ukrainien a partagé sur X une vidéo de l'hommage aux soldats tombés depuis le début de la guerre sur la place Maïdan avec les dirigeants européens. « Nous avons commémoré les guerriers qui ont donné leur vie pour notre liberté et l’indépendance de l’Ukraine », écrit Volodymyr Zelensky. « Gloire et gratitude éternelles aux héros (…). Mémoire éternelle à ceux qui ont donné leur vie pour défendre l'Ukraine », salue-t-il. 

Emmanuel Macron et Donald Tusk ont aussi partagé sur X des images de la commémoration, lors de laquelle ils ont déposé des bougies et observé une minute de silence au pied du mémorial. « Ensemble », a simplement écrit le président français, avec les émoticônes des drapeaux ukrainien, français, allemand, britannique et polonais. 

« Un moment historique », souligne Emmanuel Macron

Depuis la place de l'Indépendance de Kiev, le président français s'est adressé aux médias sur place. « Ce qui est en train de se faire avec la Pologne, l'Allemagne, la Grande-Bretagne est un moment historique pour une Europe de la défense et une plus grande indépendance pour notre sécurité. Évidemment pour l'Ukraine aujourd'hui, mais pour nous tous », a-t-il déclaré. « C'est une nouvelle ère, c'est une Europe qui se pense comme puissance », a ajouté le chef de l'État français. 

Hommage aux victimes de la guerre

Les quatre dirigeants européens ont retrouvé le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son épouse Olena Zelenska sur la place Maïdan (place de l'Indépendance) à Kiev, où un mémorial a été installé. Munis de bougies, ils ont rendu hommage aux Ukrainiens tombés au combat depuis l'invasion russe en février 2022.


« Nous avons une journée importante devant nous »

Le Premier ministre polonais a publié sur le réseau social X une vidéo de son arrivée à Kiev. « Kiev. Nous avons une journée importante devant nous », a-t-il écrit. 

« Ici se joue la sécurité de notre continent », écrit Emmanuel Macron

« De retour à Kyiv, ma première pensée va aux Ukrainiens », a écrit sur le réseau social X le président français, à son arrivée à Kiev. « Face à l’agression de la Russie, notre réponse doit être collective. Ce déplacement, nous le faisons ensemble avec l’Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni », a-t-il poursuivi, affirmant qu'« ici, se joue la sécurité de notre continent » et qu'une paix « juste et durable commence par un cessez-le-feu complet et inconditionnel ».

Le président français affirme qu'il vient « porter » avec ses homologues européens la proposition de cessez-le-feu de Donald Trump, que l'Ukraine a accepté, rappelle-t-il. « La Russie, elle, tergiverse (…) et poursuit sa guerre d'invasion », déplore-t-il, menaçant de « renforcer la pression » si Moscou « persiste à bloquer ». 

Vers un plan commun américano-européen de cessez-le-feu ? 

Les Européens se rendent à Kiev forts de l'appel du président américain, qui a pressé jeudi la Russie d'accepter un « cessez-le-feu inconditionnel de 30 jours ». Il a menacé de nouvelles sanctions occidentales en cas d'échec.

Emmanuel Macron a affirmé vendredi souhaiter aboutir « dans les prochaines heures et les prochains jours » à un plan commun américano-européen de cessez-le-feu, assorti de nouvelles « sanctions économiques massives » en cas d'échec. « Nous réaffirmons notre soutien aux appels lancés par le président Trump en faveur d'un accord de paix et nous demandons à la Russie de cesser (d'y) faire obstacle », ont martelé les quatre dirigeants européens.

Quel programme ? 

À Kiev, le quatuor européen doit tenir, au côté du président ukrainien Volodymyr Zelensky, une réunion virtuelle avec les autres dirigeants de la « coalition des volontaires », ces pays occidentaux, essentiellement européens, prêts à apporter des « garanties de sécurité » à l'Ukraine.

Ils informeront ainsi les autres pays des « progrès réalisés en vue d'une future coalition rassemblant des forces aériennes, terrestres et maritimes pour aider à régénérer les forces armées ukrainiennes après un éventuel accord de paix et pour renforcer la confiance en la paix future », selon leur déclaration.