Tensions entre l’Inde et le Pakistan :

"Une guerre pourrait éclater d’ici deux à quatre jours", le ministre pakistanais de la Défense donne l’alerte

Tensions entre l’Inde et le Pakistan :

La tension monte entre l’Inde et le Pakistan. Un climat de tensions exacerbé depuis un attentat meurtrier au Cachemire indien le 22 avril. Les autorités indiennes accusent le Pakistan d’être derrière l’attaque contre des touristes qui a fait 26 morts – 25 Indiens et un ressortissant népalais – dans la région de Pahalgam mardi dernier. Selon des sources sécuritaires et des survivants, les hommes armés, qui ont surgi d’une forêt dans la prairie de Bairasan, ont séparé les hommes en fonction de leur identité et de leur origine et tué les Hindous à bout portant.

Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a jugé ce lundi "imminente" une incursion militaire indienne sur le territoire du Pakistan. "Nous avons renforcé nos positions car c’est imminent maintenant. Aussi des décisions stratégiques doivent-elles être prises dans cette situation, et ces décisions ont été prises", a-t-il dit dans un entretien à Reuters à Islamabad. "Des nuages ​​de guerre s’amoncellent dans la région, les tensions entre le Pakistan et l’Inde atteignant des niveaux alarmants. Une guerre pourrait éclater entre les deux pays dans les deux à quatre prochains jours", a-t-il insisté dans une interview à la chaîne de télévision pakistanaise Samaa TV.

Front de résistance

New Delhi estime que des membres armés du Front de résistance, une branche du groupe islamiste Lashkar-e-Taiba, basé au Pakistan, sont à l’origine de cet attentat qui avive le risque d’escalade entre les deux puissances nucléaires. Le Front de résistance a démenti "catégoriquement" sur le réseau X toute implication, alors qu’un message de revendication avait laissé croire dans un premier temps à sa responsabilité. Le mouvement affirme avoir été victime d’une "cyberintrusion" lui imputant à tort l’attaque.

Les forces de sécurité indiennes ont interpellé quelque 500 personnes aux fins d’interrogatoire, perquisitionné un millier de maisons et mené des recherches dans les forêts de cette zone touristique, a déclaré lundi à Reuters un responsable de la police locale.

Au lendemain de l’attaque, l’Inde a pris une série de sanctions contre le Pakistan, issu de la partition de 1947. Les deux nations, qui se disputent la souveraineté du Cachemire, se sont affrontées à trois reprises – en 1947, 1965 et 1999. Le gouvernement indien a notamment décidé de suspendre le traité de l’Indus 1960 sur le partage des eaux entre les deux États, accusant Islamabad de soutenir le "terrorisme transfrontalier".

Il a en outre ordonné la fermeture du seul point de passage terrestre entre les deux pays, au Pendjab, puis sommé les attachés de défense pakistanais de quitter le territoire indien et rappelé ses propres attachés de défense à Islamabad. Tous les visas accordés aux ressortissants pakistanais ont été annulés. En représailles, le Pakistan a fermé son espace aérien aux compagnies aériennes indiennes, dénonçant "une guerre de l’eau". La Chine a appelé lundi les deux pays à faire preuve de retenue, soulignant que toute mesure de nature à apaiser la situation serait la bienvenue. Le commandement militaire pakistanais a annoncé lundi avoir tué 71 islamistes ces trois derniers jours, des combattants qui tentaient d’entrer au Pakistan depuis le territoire afghan.