SUCCESSION DU PAPE FRANÇOIS : QUI SONT LES «PAPABILI», CES CARDINAUX CONSIDÉRÉS COMME FAVORIS POUR LUI SUCCÉDER ?

À partir du 7 mai prochain, les cardinaux électeurs se réuniront en conclave dans la chapelle Sixtine au Vatican pour élire le successeur du pape François. Parmi eux, certains, appelés «papabili», auraient de bonnes chances de devenir le nouveau souverain pontife. Qui sont-ils ?

SUCCESSION DU PAPE FRANÇOIS : QUI SONT LES «PAPABILI», CES CARDINAUX CONSIDÉRÉS COMME FAVORIS POUR LUI SUCCÉDER ?

Qui pour succéder au pape François ? Le 7 mai prochain, les 135 cardinaux électeurs vont se réunir en conclave dans la chapelle Sixtine, située au cœur du Vatican, pour élire le nouveau souverain pontife. 

Dans le secret le plus absolu, ces évêques de haut rang vont choisir parmi l'un d'entre eux la personnalité qui sera la plus à même pour diriger les prés d'1,5 milliard de fidèles catholiques.

S'il est impossible de savoir qui occupera le Saint-Siège, certains cardinaux, appelés «papabili», se situeraient parmi les favoris. Voici qui ils sont.

Ancien secrétaire d’État du Vatican, l'Italien Pietro Parolin est considéré comme l’un des cardinaux les plus influents. Proche du pape François, ce diplomate très expérimenté a sillonné la planète et maîtrise parfaitement les mécanismes internes de l’Église catholique.

Certains conservateurs lui reprochent toutefois de s'être trop effacé derrière le souverain pontife, d’adopter une posture trop moderniste et de promouvoir une approche mondialisée de l'Eglise, notamment dans sa gestion des relations avec la Chine.

ANDERS ARBORELIUS

© Alberto PIZZOLI / AFP

Parmi les figures émergentes hors d’Italie figure le cardinal suédois Anders Arborelius, archevêque de Stockholm. Converti au catholicisme dans un pays majoritairement protestant, il défend activement l’œcuménisme, c’est-à-dire le rapprochement entre les différentes confessions chrétiennes.

D’un tempérament spirituel, il évite les querelles idéologiques, ce qui lui vaut l’estime aussi bien des conservateurs que des progressistes. Défenseur de la cause environnementale, il est polyglotte : il parle couramment le français, l’anglais, l’espagnol, l’allemand et le néerlandais. Depuis 2020, il siège au Conseil pour les affaires économiques du Vatican, bien que son éloignement géographique limite sa familiarité avec la Curie romaine.

Par ailleurs, il avait demandé à François de le libérer de ses fonctions de cardinal, car il souhaitait retourner vivre dans son monastère dans le sud de la Suède, a-t-il confié à la chaîne de télévision SVT. Evoquant ses chances d'être le futur souverain pontife, il avait déclaré qu'il «serait amusant d'avoir un pape suédois, mais je pense que c'est peu probable».

LUIS ANTONIO TAGLE

© Guglielmo Mangiapane / REUTERS

Candidat moins attendu mais de plus en plus cité, le cardinal Luis Antonio Gokim Tagle pourrait marquer un tournant géographique en devenant le premier pape asiatique. Ancien archevêque de Manille, il occupe aujourd’hui le poste de pro-préfet du dicastère pour l’évangélisation, en charge de la mission universelle de l’Église. Proche du pape François, ce cardinal progressiste pourrait prolonger l’esprit du pontificat actuel.

Négociateur infatigable, il est engagé sur des dossiers majeurs comme la justice sociale et la protection de l’environnement. Toutefois, il est resté ferme par le passé sur des sujets comme l’avortement et l’euthanasie. Il s’exprime en tagalog, en anglais, en italien, et possède des notions de français, de coréen, de mandarin et de latin.

JEAN-MARC AVELINE

© BONAVENTURE / AFP

Archevêque de Marseille, Jean-Marc Aveline est aujourd’hui la figure française la plus proche de Rome. Bien qu’il ne soit pas parmi les tout premiers dans l’ordre de succession, son lien étroit avec le pape, renforcé par la visite de François à Marseille à l’été 2023, joue en sa faveur. Issu d’une famille de pieds-noirs, il est particulièrement attentif aux enjeux migratoires et au dialogue interreligieux.


Linguiste et théologien, il est passionné par l’enseignement supérieur et la recherche. Fondateur de l’Institut de Science et Théologie des Religions, il plaide pour un catholicisme «d’accueil et de dialogue», ancré dans le multiculturalisme. Son profil séduit fortement les milieux progressistes de l’Église.

PÉTER ERDÖ

© Mohammed Salem / REUTERS

Déjà «papabile» depuis deux décennies, l'archevêque de Budapest, Peter Erdö, est un cardinal conservateur apprécié pour son expertise théologique et son ouverture aux autres religions, mais critiqué pour sa connivence avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Cet intellectuel de 72 ans, qui parle sept langues, deviendrait, après le Polonais Jean-Paul II, le second souverain pontife issu d'un pays de l'ancien bloc communiste s'il était élu pape. Né le 25 juin 1952 à Budapest dans une famille catholique qui a préféré l'église, malgré les entraves de la dictature communiste, son père ayant dû renoncer à son métier d'avocat.

Entré au séminaire et devenu prêtre en 1975, il a obtenu parallèlement un doctorat en théologie avant d'effectuer des études en droit canon à Rome. Il a alors rapidement gravi les échelons ecclésiastiques, tout en donnant des conférences universitaires à travers l'Europe.

Auteur de plus de 250 articles et d'une vingtaine d'ouvrages, il est nommé par le pape Jean-Paul II évêque en 2000, puis archevêque de Budapest en 2002 et enfin cardinal un an plus tard. A l'occasion d'une visite en Hongrie en mai 2023, le pape François avait salué son rôle majeur dans l'Eglise, même si le nombre de catholiques a été quasiment divisé par deux en Hongrie au cours du quart de siècle passé.

MATTEO ZUPPI

© Guglielmo Mangiapane / REUTERS

Le cardinal italien Matteo Zuppi est un diplomate discret de 69 ans aux positions progressistes sur les questions sociétales, qui s'était vu confier par le pape François une mission pour la paix entre l'Ukraine et la Russie.

Ce prélat souriant et affable, archevêque de Bologne, dans le nord de l'Italie, préside depuis 2022 la Conférence épiscopale italienne et a le soutien d'une grande partie des cardinaux de la péninsule.

Son nom est régulièrement cité pour succéder à François avec qui il incarnerait une forme de continuité, au moins sur le fond dans la défense des personnes défavorisées, sa parole étant plus mesurée que celle du bouillonnant pape argentin.

«C'est un homme qui a beaucoup de patience, qui sait écouter et qui est discret, des caractéristiques très importantes quand on veut conduire un chemin de paix», dit de lui Marco Impagliazzo, le président de la communauté catholique de Sant'Egidio dont Matteo Zuppi est membre.

PIERBATTISTA PIZZABALLA

© Amanda Perobelli / REUTERS

Fin diplomate et théologien polyglotte au caractère déterminé, le cardinal italien Pierbattista Pizzaballa s'est retrouvé sur le devant de la scène en tant que patriarche latin de Jérusalem depuis fin 2023 avec la guerre entre le Hamas et Israël.

Né le 21 avril 1965 dans la région de Bergame (nord de l'Italie), Pierbattista Pizzaballa se rend très jeune en Emilie-Romagne (centre-nord), où il effectue toute son éducation religieuse jusqu'à obtenir en 1990 son diplôme en théologie.

Installé à Jérusalem depuis 1990, s'est toujours efforcé d'entretenir de bonnes relations aussi bien avec les autorités israéliennes que palestiniennes, malgré des moments de tensions avec Israël au début du conflit avec le Hamas.

Parlant parfaitement l'hébreu, il est très impliqué dans le dialogue interreligieux et est connu des autorités locales pour son action sur le terrain. Souvent décrit comme un homme opiniâtre, il est créé cardinal en 2023 par le pape François dont il suit les traces, cherchant à rester au plus près de ses fidèles.

FRIDOLIN AMBONGO

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Le cardinal Ambongo, né en 1960, a été nommé évêque de Bokungo-Ikela en 2004 par le pape Jean-Paul II, puis archevêque métropolite de Mbandaka-Bikoro en 2016 avant d’être nommé archevêque métropolite de Kinshasa et cardinal en 2019 par François.

Il est l'une des figures majeures de l'Eglise catholique en Afrique subsaharienne et ses prises de position, notamment son opposition à la bénédiction des couples homosexuels et la défense du célibat des prêtes, y sont saluées.