Par miracle, personne n’a perdu la vie. Sur les routes glissantes de Seine-et-Marne, en rase campagne mais sur le territoire de la commune de Chauconin-Neufmontiers, un car de ramassage scolaire de la compagnie Viabus a fini sa course sur le flanc. C’était le lundi 23 septembre 2024, sur la départementale 129, à 16h19 précisément, ont relevé les enfants. Ils étaient 55 élèves du collège Marthe-Gautier de Charny, à 7 km de là, à avoir pris place dans le car.
Le chauffeur, un homme de 61 ans à l’époque, sera jugé ce jeudi 9 octobre 2025 au tribunal de Meaux. Après une enquête menée par les policiers du commissariat meldois, le ministère public a décidé de le poursuivre pour « blessures involontaires » et pour « faute d’imprudence ». Selon le parquet, cette faute lui est imputée « compte tenu de sa vitesse dans un virage et alors que la chaussée était détrempée ».
« On était sur la route, le car roulait vite. Le sol était mouillé. Le bus a fait un tour sur lui-même », expliquait à l’époque une collégienne de 12 ans, installée dans une ambulance des sapeurs-pompiers. Au total, deux enfants avaient été blessés sérieusement bien que leurs jours ne fussent pas en danger. Ils avaient été conduits dans deux hôpitaux parisiens. Quinze autres enfants, atteints plus légèrement, avaient été admis dans les hôpitaux de Meaux et de Jossigny. Les 38 enfants restants avaient été ramenés dans un autre car jusque dans la salle polyvalente que la maire de Chauconin-Neufmontiers avait spécialement mise à la disposition des secours.
« Arrêtez de crier, vous n’avez rien. Il n’y a pas de mort »
Aujourd’hui, plus de six mois après les faits, « trois passagers ont plus de 30 jours d’incapacité totale de travail (ITT) et 41 autres passages ont de 1 à 20 jours d’ITT », précise le parquet de Meaux. Qui explicite : « Il s’agit la plupart du temps des conséquences psychologiques de l’accident ». De son côté, le chauffeur de bus, qui totalisait trente-deux années d’expérience derrière un volant, avait été auditionné par les enquêteurs. Lesquels avaient constaté, comme le rappelle le ministère public que « l’intéressé n’était ni sous l’empire de l’alcool, ni sous stupéfiants ».
Plusieurs collégiens que nous avions interrogés le jour de l’accident, avaient affirmé que le conducteur du car roulait « trop vite » et qu’il avait « l’air énervé dès qu’on est monté dans le bus ». Plusieurs enfants lui auraient demandé de ralentir, sans résultat. Un collégien avait même déclaré que juste après l’accident, il Les parents des enfants victimes ont été avertis du procès à venir. Comme Lucien, père de Lila (les prénoms ont été modifiés), âgée de 11 ans au moment de l’accident. « Ma fille est toujours suivie par un thérapeute. Ça ne va pas mieux. Mais par chance, elle n’a pas été blessée. Ce qui l’a choquée, c’est l’attitude du chauffeur qui ne s’est pas occupé des enfants. » Ce parent estime que les délits retenus contre le conducteur sont « minimisés » par rapport aux faits. « Je trouve qu’il s’en sort plutôt bien, s’offusque-t-il. Parce que pour retourner un bus, il faut le vouloir. » Le conducteur encourt une peine de 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende. dit : « Arrêtez de crier, vous n’avez rien. Il n’y a pas de mort. »