Il s'agit des premières discussions directes depuis plus de 40 ans entre les deux pays, toujours en état de guerre.
Cette réunion intervient alors qu'Israël menace d'une escalade au Liban, où il continue de viser le Hezbollah malgré un cessez-le-feu entré en vigueur il y a un an, accusant la mouvement pro-iranien de se réarmer.
"Atmosphère positive"
Les deux délégations dirigées par des civils se sont rencontrées au quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), à Naqoura, près de la frontière avec Israël, en présence de l'émissaire américaine pour le Proche-Orient Morgan Ortagus, selon l'ambassade américaine à Beyrouth.
Jusqu'à présent, des militaires représentaient le Liban et Israël, qui n'ont pas de relations diplomatiques officielles, aux réunions de l'organisme dirigé par les Etats-Unis et qui comprend également la France et l'ONU.
L'ambassade américaine a salué sur X un "pas important", disant que les représentants civils des deux pays étaient un ancien diplomate libanais, Simon Karam, et le responsable du Conseil de sécurité nationale d'Israël, Uri Resnick.
"La réunion s'est déroulée dans une atmosphère positive, et il a été convenu d'élaborer des idées pour promouvoir une éventuelle coopération économique entre Israël et le Liban", a indiqué le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Le Premier ministre libanais a indiqué pour sa part que ce type de réunion avait pour but de parvenir "à la cessation des hostilités (et) le retrait israélien total" du territoire libanais, où l'armée israélienne conserve des positions dans le sud.
"Les relations économiques viendront à la toute fin du processus de normalisation, qui doit venir après la paix", a ajouté le Premier ministre à des journalistes, dont l'AFP.
"Nous n'en sommes pas encore là", a-t-il encore dit, assurant que le Liban n'avait pas l'intention de conclure une paix séparée avec Israël.
La réunion de mercredi "reflète l'engagement du mécanisme à faciliter les discussions politiques et militaires dans le but d'assurer la sécurité, la stabilité et une paix durable pour toutes les communautés touchées par le conflit", a indiqué l'ambassade américaine ajouté sur X.
La rencontre intervient au lendemain de réunions de Mme Ortagus avec Benjamin Netanyahu et son ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui a affirmé sur X que "le désarmement du Hezbollah est crucial pour l'avenir du Liban et la sécurité d'Israël".
Désarmement "incontournable"
Le bureau de M. Netanyahu a répété mercredi que le désarmement du Hezbollah était "incontournable".
L'émissaire américaine est par la suite attendue au Liban, où le président libanais Joseph Aoun s'était déclaré prêt à des négociations avec Israël, brisant un tabou entre les deux pays.
En 1983, après l'invasion israélienne du Liban, les deux pays avaient mené des contacts directs qui avaient abouti à la signature d'un accord prévoyant l'établissement de relations entre eux, mais il n'a jamais été ratifié.
Depuis plusieurs semaines, la presse israélienne multiplie les articles sur la possible imminence d'une nouvelle campagne militaire israélienne contre le Hezbollah au Liban.

Frappe israélienne sur un village du sud du Liban, le 27 novembre 2025
AFP
Rabih DAHER
"Israël se prépare à une escalade majeure au Liban à la lumière du renforcement militaire en cours du Hezbollah", a affirmé la radio-télévision publique israélienne mercredi.
M. Salam a affirmé que le Liban était ouvert à ce que l'ONU, les Etats-Unis et la France "vérifient" le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise dans le sud du Liban.
Il a confirmé que l'armée libanaise devrait achever d'ici la fin de l'année le démantèlement des structures militaires du Hezbollah entre la frontière et le fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord.