Le doute n’existait plus vraiment. Mais les premières images vidéo du début de la rencontre mardi 2 décembre entre le président russe Vladimir Poutine et l’émissaire américain Steve Witkoff, diffusées par l’agence de presse russe RIA Novosti, sont édifiantes. On y voit les deux hommes, mais aussi Jared Kushner, le gendre du président Trump, tout sourire, faire assaut d’amabilités autour d’une table de marbre blanc ovale. A travers un interprète, voici Poutine qui se dit «tellement content de vous voir», alors que Witkoff, qui en est à sa sixième visite à Moscou en 2025, confie avoir fait «une très belle balade» dans Moscou, «cette ville magnifique».
Les images, diffusées sciemment, sont en contraste violent, et c’est bien entendu voulu, avec les propos tenus quelques minutes plus tôt par Vladimir Poutine. Pour la première fois sans doute aussi directement, le président russe n’a pas hésité à menacer l’Europe. «Nous n’avons pas l’intention de faire la guerre à l’Europe, mais si l’Europe le souhaite et commence, nous sommes prêts dès maintenant», a-t-il assené sans ciller, quelques instants avant de discuter d’un possible plan de paix avec les émissaires américains pour mettre fin à la guerre. L’objectif est limpide : blâmer les Européens pour le manque d’avancées vers la fin de la guerre, entamée le 24 février 2022 par l’invasion à grande échelle des troupes russes en Ukraine.