« Nous bloquons tout » : en Italie, l’appel à une grève générale après l’interception de la flottille pour Gaza

Les dockers italiens avaient averti qu’ils réagiraient en cas d’interception de la flottille pour Gaza par Israël. Deux syndicats ont appelé à une grève générale. Des milliers de manifestants étaient déjà dans les rues et les gares du pays, mercredi soir.

« Nous bloquons tout » : en Italie, l’appel à une grève générale après l’interception de la flottille pour Gaza

Pas moins de 100 000 personnes avaient déjà défilé en Italie, à leur appel, il y a quelques jours. Début septembre, des dockers du Collectif autonome des travailleurs des ports (Calp), affilié à l’Unione Sindacale di Base (USB), classée en Italie à l’extrême gauche, avait prévenu qu’ils se tenaient prêts en cas d’intervention d’Israël.

Sans surprise, quand ce mercredi 1er octobre au soir, ils ont appris qu’Israël avait intercepté des bateaux de la flottille pour Gaza, leur réaction ne s’est pas fait attendre. L’USB, a appelé à une grève générale nationale, « afin de dire ‘stop’ au génocide » et de « mettre fin à toute collaboration économique et militaire avec Israël ». « Il est temps de tout arrêter », a déclaré le syndicat.

D’après des observateurs, la grande surprise est venue d’un autre syndicat, qui d’ordinaire est plutôt conciliant avec le gouvernement italien : la CGIL a lui aussi appelé à la grève, poussé par sa base. « L’attaque contre les navires transportant des citoyens italiens est extrêmement grave. Il est grave que le gouvernement les ait abandonnés », a fait savoir le syndicat.

L’Italie et l’Espagne avaient dépêché des navires militaires pour escorter la flottille après des « attaques par drones » dans la nuit du 23 au 24 septembre, dénoncées par l’ONU et l’Union européenne, similaires à deux attaques attribuées à Israël par la flottille quand elle était ancrée le 9 septembre près de Tunis.

Mais mercredi, le gouvernement espagnol a demandé à Global Sumud « de ne pas entrer dans les eaux désignées comme zone d’exclusion par Israël » et souligné que le navire espagnol ne franchirait pas cette limite. La frégate italienne avait cessé son escorte à 150 milles nautiques (275 km) du territoire.

Face aux manifestants et les appels à la grève générale, le premier ministre Matteo Salvini envisage une réquisition. D’après nos confrères du journal Corriere Della Sera, il estime que la « raison invoquée par les syndicats ne fait pas partie de celles justifiant le défaut de préavis ». En Italie, il faut normalement déposer un préavis dix jours avant une grève.

Pendant ce temps, dès mercredi soir à Rome, quelque 10 000 manifestants ont occupé les places et rues de la ville, scandant : « nous bloquons tout ». Idem à Gênes, où un piquet de grève s’est installé dès 22 heures, avec des étudiants. À Naples, la circulation des trains est bloquée et des universités sont occupées.

85 km de Gaza

Israël a stoppé « plusieurs navires », a indiqué le ministère des Affaires étrangères israélien, le porte-parole de la Flottille, Saif Abukeshek, faisant état de 13 bateaux transportant 200 personnes au total. Parmi les passagers de bateaux interceptés figure l’activiste suédoise Greta Thunberg, que les autorités israéliennes ont montrée en train de récupérer des effets personnels, entourée par des hommes armés.

La flottille Global Sumud (« résilience » en arabe) a dénoncé « une attaque illégale contre des humanitaires non armés » et appelé « les gouvernements, les dirigeants mondiaux et les institutions internationales à exiger la sécurité et la libération de toutes les personnes à bord ».Elle a assuré sur X à 00h20 GMT jeudi que « 30 bateaux continuent leur route vers Gaza, et se trouvent à 46 milles nautiques (85 km) malgré les agressions incessantes » de la marine israélienne.

 

« Ils sont déterminés. Ils sont motivés et font tout ce qui est en leur pouvoir pour briser le blocus tôt ce matin », a assuré M. Abukeshek.