La détonation a été entendue à des kilomètres à la ronde, ce jeudi peu après 8 h. Dans l’enceinte de la manufacture Hartmann Euro TF, au cœur du site, une cuve accolée à un bâtiment a explosé, là où des marchandises sont réceptionnées.
De sources concordantes, un camion-citerne transportant une matière dangereuse, de l’hydroxyde de sodium communément appelé soude caustique, est arrivé à l’usine. Le chauffeur-livreur, un homme d’une trentaine d’années de nationalité roumaine, a versé de la soude caustique dans une grosse cuve contenant du peroxyde d’hydrogène, un composé chimique dont la solution aqueuse est appelée eau oxygénée. Il pourrait y avoir eu une incompréhension entre le chauffeur-livreur et un employé du site, alors que des vérifications étaient peut-être en cours. La thèse accidentelle ne fait en tout cas pas de doute d’après les premières constatations des gendarmes.

Une vingtaine de pompiers sur place
Le chauffeur-livreur et l’employé, qui se trouvaient à côté du camion-citerne, ont été examinés par les pompiers, lesquels n’ont pas constaté de blessures nécessitant leur évacuation à l’hôpital. Une vingtaine de sapeurs-pompiers se sont rendus sur place, dont des spécialistes en risques chimiques et bâtimentaires. De nombreuses vitres du bâtiment adjacent ont été soufflées. Un périmètre de sécurité a été mis en place quelques dizaines de mètres autour du lieu du sinistre.
En milieu de journée, l’activité de l’usine était toujours temporairement arrêtée, après les coupures de l’alimentation en gaz et d’une partie de l’alimentation en électricité.
Deux enquêtes ouvertes
Les gendarmes précisent qu’il n’y a aucun risque pour les autres employés du site et la population. Selon nos informations, il n’y a pas non plus d’impact sur l’environnement, y compris pour les milieux aquatiques : la soude caustique se trouvant dans le camion-citerne est restée à l’intérieur et les résidus du mélange, répandus à proximité des lieux de l’explosion, ont pu être contenus et isolés par les pompiers sans s’épandre dans des réseaux d’évacuation.
La préfecture, le parquet et la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) ont été avisés, ainsi que l’inspection du travail qui a ouvert une enquête et s’est rendue sur place.
Une enquête judiciaire a également été ouverte, pour mise en danger de la vie d’autrui par un manquement à une obligation de sécurité ou de prudence. Le chauffeur-livreur et l’employé ont été placés en garde à vue, notamment pour faciliter des vérifications, tandis que les investigations se poursuivent.