À Minneapolis, Donald Trump cède à la pression avec l’annonce du retrait progressif d’agents fédéraux

Après des semaines de manifestations et deux morts lors d’interventions fédérales, la Maison-Blanche semble infléchir sa stratégie sous la pression des autorités locales et judiciaires.

À Minneapolis, Donald Trump cède à la pression avec l’annonce du retrait progressif d’agents fédéraux

Vers un début de désescalade ? Un léger infléchissement se dessine dans le Minnesota après plusieurs semaines de fortes tensions autour des opérations fédérales contre l’immigration. Le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, a annoncé sur ses réseaux sociaux ce lundi 26 janvier qu’une partie des agents fédéraux déployés dans la ville commencerait à quitter la zone dès mardi.

« Certains agents fédéraux commenceront à quitter la zone demain, et je continuerai à lutter pour que le reste (des agents) impliqués dans cette opération s’en aillent », a-t-il écrit sur le réseau X, après un échange téléphonique avec le président américain Donald Trump.

Une annonce bienvenue dans un contexte explosif, marqué par la mort samedi dernier d’Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, tué par des agents fédéraux lors d’une manifestation « anti-ICE ». Il s’agissait du deuxième citoyen américain abattu ce mois-ci à Minneapolis lors d’interventions liées à la police de l’immigration, après la mort de Renee Good le 7 janvier dernier.

Selon Jacob Frey, Donald Trump a reconnu lors de leur conversation que « la situation actuelle ne pouvait pas continuer ». Le maire a réaffirmé que la ville coopérerait avec les autorités fédérales et étatiques pour les enquêtes criminelles, tout en refusant de participer à ce qu’il qualifie d’arrestations inconstitutionnelles.

Sur le départ de Minneapolis mais toujours en poste

Le départ annoncé concerne aussi le chef de la « Border Patrol », Gregory Bovino qui est devenu l’un des visages de l’opération fédérale dans le Minnesota. Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, s’est dit « heureux » de voir Bovino quitter la ville de Minneapolis.

Du côté de la police municipale de Minneapolis, le chef Brian O’Hara a estimé que certaines initiatives de Gregory Bovino avaient contribué à « attiser les tensions », évoquant des démonstrations de force jugées contre-productives. Il a toutefois rappelé que la contestation portait moins sur le principe de l’application du droit fédéral que sur les méthodes employées.

Bovino « est un élément essentiel de l’équipe du Président et un grand Américain », a commenté la porte-parole du ministère de l’Intérieur. Si l’administration Trump insiste sur le fait que Gregory Bovino n’a pas été relevé de ses fonctions, la gestion des opérations sur le terrain doit désormais être confiée au « border czar » Tom Homan, attendu à Minneapolis ce mardi. Le maire de la ville a prévu de le rencontrer pour discuter de la suite du retrait de l’opération fédérale.

Reste à savoir si ce retrait partiel marquera un véritable tournant ou seulement une pause tactique dans une crise qui a profondément ébranlé la ville.