La famille d'Aboubacar Cissé, "à la fois triste et en colère" , demande que "toute la justice soit faite" sur le meurtre survenu dans une mosquée de La Grand-Combe vendredi dernier. Elle a annoncé qu'un rassemblement sera organisé place de la République à Paris, ce jeudi 1er mai entre 12 et 14h, pour rendre hommage au jeune Malien tué de dizaines de coups de couteau dans la salle de prière. Un rassemblement organisé "à l'initiative de la famille et de la communauté".
Djibril Cissé, l'oncle de la victime, a dressé le portrait de son neveu devant les journalistes réunis ce mardi à la mi journée pour une conférence de presse au palais Bourbon à Paris, en présence de plusieurs élus de gauche dont Olivier Faure et Marine Tondelier : "C'était quelqu'un de bien, de sociable, un modèle pour nous tous, prêt à aider tout le monde."
Une "faute politique"
Il a également déploré le "traitement médiatique" et les réactions politiques tardives, notamment celle de Bruno Retailleau, après le meurtre de son neveu. De son coté, la Coordination des élus français d'origine malienne (Cefom) "demande au président de la République d'organiser une rencontre avec la famille d'Aboubakar Cissé, puisque ses ministres ont failli". Pour Mams Yaffa, représentant de la Cefom et adjoint écologiste au maire du 18e arrondissement de Paris, "le ministre de l'Intérieur a fait une faute politique, il aurait dû dès la première seconde se rendre à La Grand-Combe et contacter la famille".
"Pour nous c'est un acte terroriste islamophobe, la qualification est importante", a aussi insisté Mams Yaffa en conférence de presse. Une information judiciaire a été ouverte pour meurtre avec préméditation et à raison de la race ou de la religion.
Un hommage des députés prévu
Une minute de silence sera observée à l'Assemblée nationale ce mardi après-midi en hommage à Aboubakar Cissé, a annoncé la présidente de la chambre basse. "Aucun consensus n'était apparu ce (mardi) matin en conférence des présidents" sur la tenue de cette minute de silence, a expliqué Yaël Braun-Pivet sur X, après avoir été lourdement attaquée par la gauche sur ce sujet. "J'ai échangé depuis avec certains présidents de groupe. Face à l'émotion légitime et compte tenu de l'ignoble instrumentalisation faite par certains de sa mort, j'ai souhaité que nous puissions saluer tout à l'heure sa mémoire. Sobrement et dignement", a-t-elle précisé .