Élection Fecafoot : Samuel Eto’o fait-il peur ?

À quelques mois de l’élection pour la présidence de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), le paysage électoral ressemble plus à un ring déserté qu’à une arène de combat.

Élection Fecafoot : Samuel Eto’o fait-il peur ?

Jusqu’ici, seuls deux outsiders se sont lancés dans la course : Simon Ngo’on Mbeleck, arbitre de football, et Gilles Christian Ngnize, marketeur. Des candidatures perçues comme anecdotiques par une partie de l’opinion, tant leurs profils peinent à convaincre face à l’ombre immense du président sortant, Samuel Eto’o.

Des adversaires de taille « poids plume »

Le contraste est saisissant. D’un côté, un ancien Ballon d’Or africain, quadruple champion continental avec les Lions indomptables, personnalité planétaire et stratège politique reconnu dans le milieu du sport. De l’autre, des candidats sans véritable notoriété, dont l’impact semble davantage symbolique que compétitif. Les observateurs y voient presque une parodie de match, où les challengers montent sur le ring en sachant qu’ils risquent d’encaisser un K.-O. rapide.

Eto’o, un président qui divise mais qui impose

Depuis son élection à la tête de la Fecafoot en décembre 2021, Samuel Eto’o n’a cessé d’être au cœur des polémiques. Entre ses réformes visant à restructurer les championnats locaux et ses démêlés avec certains acteurs du football camerounais, il s’est forgé l’image d’un dirigeant combatif, intransigeant et parfois clivant. Mais qu’on l’admire ou qu’on le critique, personne ne peut nier qu’il a imposé une présence forte.

C’est peut-être cette aura qui refroidit les potentiels adversaires. Se lancer contre Eto’o, c’est non seulement affronter un ancien capitaine charismatique, mais aussi se mesurer à une véritable machine de communication et d’influence.

Une peur réelle ou une stratégie d’attente ?

La quasi-absence de candidatures crédibles traduit-elle une peur réelle ou bien une stratégie des rivaux, qui préfèrent attendre le moment opportun pour se dévoiler ? Certains acteurs du football camerounais estiment qu’il pourrait y avoir des « entrées tardives », au gré d’alliances politiques ou de consignes venues d’instances supérieures. Mais à l’heure actuelle, la candidature d’Eto’o semble écraser toute velléité d’opposition.

Vers une réélection sans suspense ?

Si la tendance se confirme, le scrutin pourrait tourner à une simple formalité pour Samuel Eto’o, réélu presque sans adversité. Un scénario qui renforcerait encore son emprise sur la Fecafoot mais qui interroge sur la vitalité démocratique de l’institution.

Car une élection sans véritable compétition n’est-elle pas, finalement, une victoire en demi-teinte ?