La ville de Gaza assiégée au sol et dans les airs par l’armée israélienne.

L’armée israélienne a continué de mener d’intenses bombardements sur la ville de Gaza, où elle a lancé mardi une campagne militaire terrestre et aérienne majeure, visant, selon elle, à anéantir le Hamas. Internet et les lignes téléphoniques ont été coupées dans toute l’enclave palestinienne.

La ville de Gaza assiégée au sol et dans les airs par l’armée israélienne.


Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci. 
La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite. 
Pour plus d’informations, consultez nos conditions générales de vente
Pour toute demande d’autorisation, contactez syndication@lemonde.fr. 
En tant qu’abonné, vous pouvez offrir jusqu’à cinq articles par mois à l’un de vos proches grâce à la fonctionnalité « Offrir un article ». 

Colère et frustration à l’ONU après le véto américain au texte appelant à un cessez-le-feu

La majorité des membres du Conseil de sécurité de l’ONU manifestent de plus en plus souvent et explicitement leur frustration face à l’incapacité à faire pression sur Israël pour mettre un terme aux opérations militaires dans la bande de Gaza, à l’image du projet de résolution bloqué une nouvelle fois, jeudi, par les le véto des Etats-Unis.

C’est un « moment sombre » pour ce Conseil, a déploré l’ambassadeur pakistanais, Asim Iftikhar Ahmad. « Le monde regarde. Les pleurs des enfants devraient nous percer le coeur, l’angoisse des mères devrait secouer notre conscience », a-t-il ajouté, promettant de « continuer à agir, à parler ».

« Pardonnez-nous parce que ce Conseil n’a pas pu sauver vos enfants », a lancé de son côté l’ambassadeur algérien, Amar Bendjama, à destination de la population de Gaza. « Pardonnez-nous parce que le monde parle des droits mais nie les vôtres, à vous Palestiniens ».

Les dix membres élus du Conseil avaient lancé des discussions sur ce projet de résolution fin août en réaction à la déclaration officielle par l’ONU de la famine dans le territoire palestinien ravagé par la guerre menée par Israël depuis près de deux ans. Les Etats-Unis ont déjà rejeté à plusieurs reprises – la dernière fois en juin – différents textes appelant à un cessez-le-feu, protégeant ainsi leur allié israélien. « Cette résolution échoue à reconnaître la réalité sur le terrain, le fait qu’il y a eu une augmentation importante du flot d’aide humanitaire », a justifié, jeudi, la diplomate américaine, Morgan Ortagus.

Le projet de texte ne « présentait pas de condamnation du Hamas », a dénoncé de son côté l’ambassadeur israélien, Danny Danon. « Ce n’est pas de la diplomatie, c’est une capitulation », a-t-il ajouté.

Pourquoi le reste du Conseil s’est-il lancé dans cette nouvelle tentative vouée au même résultat ? Pour envoyer « le message que le Conseil de sécurité ne tourne pas le dos à des civils qui meurent de faim, aux otages et à l’exigence d’un cessez-le-feu », a expliqué l’ambassadrice danoise, Christina Markus Lassen avant le vote.

« Une génération risque d’être perdue, pas seulement à cause de la guerre mais aussi de la faim et du désespoir (...) C’est cette situation humanitaire catastrophique, cet échec humanitaire et humain qui nous a forcés à agir aujourd’hui », a-t-elle ajouté.