Mahmoud Abbas salue le refus exprimé à l’étranger « du blocus et de la famine » imposés à Gaza, au lendemain de l’annonce par l’UE du réexamen de son accord d’association avec Israël
« Nous (…) saluons les positions des pays de l’Union européenne, (…) des pays donateurs, et (…) du comité ministériel arabo-islamique », déclare le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dans un communiqué consulté par l’Agence France-Presse.
« Tous ont rejeté les politiques de blocus, de famine, de déplacement et de saisie de terres ». « Ils ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et à l’entrée immédiate et sans entrave de l’aide humanitaire par l’intermédiaire des Nations unies », et « ont également rejeté l’utilisation de l’aide par Israël comme une arme et un outil politique pour atteindre ses objectifs illégitimes », a-t-il ajouté.
L’Union européenne a annoncé, mardi, le lancement d’un réexamen de son accord d’association avec Israël, en vigueur depuis 2000. Cette révision a été soutenue par 17 Etats membres, selon Paris.
Léon XIV appelle à laisser entrer « une aide humanitaire décente » et à « mettre fin aux hostilités »
« La situation dans la bande de Gaza est préoccupante et douloureuse », a déclaré le pape Léon XIV lors de sa première audience générale hebdomadaire en public, place Saint-Pierre. Le souverain pontife a également appelé à laisser entrer « une aide humanitaire décente » dans l’enclave palestinienne et à « mettre fin aux hostilités », « dont le prix atroce est payé par les enfants, les personnes âgées et les malades ».
Dimanche 11 mai, lors d’une allocution à la suite de sa première messe dominicale, le nouveau pape avait appelé les « grands de ce monde » à arrêter les guerres. Se disant « profondément attristé par ce qui se passe dans la bande de Gaza », Léon XIV a appelé à ce « que les hostilités cessent immédiatement, que de l’aide humanitaire soit apportée à la population civile épuisée et que tous les otages soient libérés ».
Le gouvernement israélien ne doit plus bénéficier de la moindre impunité
Dire clairement que ce qui est en cours à Gaza est inacceptable est nécessaire. Mais cela doit s’accompagner du constat que de nombreux alliés d’Israël n’ont plus rien en commun avec la coalition de Benyamin Nétanyahou, qui a fait le choix d’une dérive plaçant les autorités israéliennes en dehors des nations respectueuses des droits humains.
Des membres de Tsav 9 tentent de bloquer l’aide humanitaire près du point de passage de Kerem Shalom

La police israélienne arrête un activiste qui bloque des camions transportant de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza près du point de passage de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël, mercredi 21 mai 2025. OHAD ZWIGENBERG / AP
Selon le journal israélien Haaretz, des activistes de Tsav 9, un groupe radical lié à des réservistes de l’armée israélienne et à des colons de Cisjordanie, ont atteint la route menant au point de passage de Kerem Shalom à la frontière avec Gaza et tentent d’empêcher les camions d’aide humanitaire d’entrer dans l’enclave palestinienne.
Tsav 9, lancé en janvier 2024, est nommé ainsi en référence à Tsav 8 (« Ordre no 8 » en français), qui est le code d’alerte envoyé aux réservistes de l’armée israélienne en cas de mobilisation. Selon eux, l’aide destinée aux civils gazaouis, produits alimentaires, médicaments ou carburant, aboutit en grande partie dans les mains du Hamas. Il bénéficie de plusieurs soutiens, dont l’association Israel Is Forever, un mouvement sioniste radical, le mouvement d’extrême droite Regavim ou encore l’ONG d’extrême droite Honenu, relevait France 24 en mai 2024.
A la mi-juin 2024, le gouvernement américain avait annoncé geler les avoirs du groupe en vertu d’un décret sur la violence en Cisjordanie pris par Joe Biden et interdire aux Américains tout contact avec les membres de ce groupe.
Selon Ehoud Olmert, ancien premier ministre, ce qu’Israël « fait actuellement à Gaza est très proche d’un crime de guerre »
Dans un entretien accordé à la BBC, l’ancien premier ministre israélien Ehoud Olmert (2006-2009), a déclaré que ce qu’Israël « fait actuellement à Gaza est très proche d’un crime de guerre », ajoutant qu’est menée « une guerre sans objectif qui ne va certainement rien accomplir en ce qui concerne la libération des otages. (…) A tous points de vue, c’est odieux et scandaleux ».
Le ministre de l’éducation, Yoav Kisch, a écrit sur X que « l’ancien détenu Ehoud Olmert rejoint Yaïr Golan et le chœur de l’extrême gauche, qui diffame l’Etat d’Israël sur la scène internationale. Alors que les soldats de Tsahal risquent leur vie face à un terrorisme meurtrier qui cherche à nous détruire, il choisit d’inciter à la haine et de leur planter un couteau dans le dos. Il devrait avoir honte ». La ministre des transports, Miri Regev, a également réagi : « Le Hamas et les terroristes des forces d’élite remercient Ehoud Olmert et Yaïr Golan. »
Les deux ministres font référence aux déclarations de l’ancien chef d’état-major adjoint de l’armée israélienne et chef de file de l’opposition de gauche qui a dénoncé, mardi, qu’« un pays sain ne fait pas la guerre à des civils, n’a pas pour passe-temps de tuer des bébés et ne se fixe pas pour objectif d’expulser des populations », suscitant un tollé du gouvernement l’accusant d’antisémitisme.