Attaques hybrides : l’OTAN peut aussi se montrer « proactif », selon son général en chef
L’OTAN est capable de répondre aux attaques hybrides qui se multiplient, y compris en créant des « difficultés » à la Russie, en se montrant « proactif », a affirmé le commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Alexus Grynkewich.
« Si la Russie tente de nous poser des problèmes, alors peut-être qu’il existe des moyens pour leur créer aussi des problèmes », a-t-il affirmé depuis le quartier général des forces alliées en Europe près de Mons dans le sud de la Belgique. « Nous pensons aussi à être proactifs, c’est le mot que j’utiliserais », a-t-il ajouté, se refusant toutefois à donner plus de détails. « Je ne veux pas entrer dans les détails sur la manière dont nous pourrions poser ces problèmes », a-t-il expliqué, soulignant aussi que l’OTAN était une « alliance défensive » et qu’il n’y avait « rien d’offensif » dans sa réponse.
Après une série d’attaques hybrides en Europe, comme des survols de drones ou le sabotage d’une ligne de chemin de fer en Pologne le mois dernier attribuée à la Russie, plusieurs responsables européens ont appelé à des réponses plus fermes de la part de l’OTAN. « Ces menaces hybrides sont un véritable problème, et je pense vraiment que nous pouvons nous attendre à davantage de ce genre de situations », a déclaré le général Grynkewich. « Nous savons que la Russie est derrière une partie de cela, peut-être pas tout, mais certainement une partie. Et l’opinion publique devrait le savoir », a-t-il encore expliqué.
Toutefois, a-t-il assuré, l’OTAN « maîtrise la situation » et l’opinion publique doit également savoir que ces attaques hybrides qui se multiplient, survol de drones, sabotages, etc, ne représentent pas « une menace existentielle » pour l’Alliance, a-t-il assuré. « Cela ne compromet pas notre unité. Nous sommes capables de répondre et de gérer cela », a-t-il encore assuré.
Friedrich Merz, Emmanuel Macron et d’autres dirigeants européens entretiennent une forte méfiance envers les représentants américains chargés de négocier la fin de la guerre en Ukraine, selon des notes relatant des échanges qui auraient eu lieu lors d’un appel téléphonique lundi, révélées par l’hebdomadaire Der Spiegel − qui en a transmis des éléments au Monde.
« Je suis d’accord, Volodymyr [Zelensky] court un grand danger et il est possible que les Etats-Unis trahissent l’Ukraine sur un territoire sans garanties de sécurité claire », aurait notamment déclaré Emmanuel Macron lors de ces échanges.
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, cité également dans les échanges révélés par le Spiegel, aurait, peu avant les propos du président français, conseillé au président ukrainien « de faire très attention dans les prochains jours ». Les Américains « se jouent de vous et de nous », aurait-il dit.
Toujours selon les notes de ces échanges révélés par le journal, le président finlandais, Alexander Stubb, a exprimé la même méfiance. « La présence de certains dirigeants est nécessaire. Nous ne pouvons pas laisser l’Ukraine et Volodymyr seuls avec ces types », aurait-il dit à propos de Steve Witkoff, envoyé spécial du président américain, et de Jared Kushner, gendre de ce dernier, dépêchés au Kremlin pour mener des négociations en début de semaine.
Selon les notes transmises par Der Spiegel, le chef de l’OTAN, Mark Rutte, a également déclaré : « Nous devons protéger Volodymyr. »
L’Elysée, pour sa part, ne confirme pas les propos du chef de l’Etat français. « Nous avons notre propre compte rendu de cet échange, dans lequel ce mot ne figure pas », a déclaré une source à l’Elysée au Monde, sans préciser de quel mot il s’agissait.
« Le président de la République a fait connaître publiquement sa position sur les négociations en cours entre la Russie et les Etats-Unis, qui n’est pas différente en privé. La position française est que rien ne doit être décidé concernant l’Ukraine et l’Europe sans qu’elles soient pleinement parties prenantes à la négociation, précise la source élyséenne. Dans ce contexte, certains aspects de la proposition américaine nécessitent encore d’être clarifiés. D’autant plus que les Américains ont récemment vu les Russes. »
Sollicités par l’Agence France Presse (AFP), la chancellerie allemande et le bureau de la présidence finlandaise ont dit ne pas vouloir commenter « des discussions confidentielles ».
On ignore pour l’heure qui a transmis les notes de ces échanges à Der Spiegel. Le journal allemand affirme pour sa part à l’AFP avoir parlé à deux participants à l’entretien téléphonique de lundi qui ont confirmé que ces citations reflétaient fidèlement les propos. Ces sources n’ont pas souhaité être identifiées, en raison du caractère confidentiel de l’appel.