Gaza : Ombre , « fantôme »… Qui était Mohammed Sinouar, chef du Hamas « éliminé » par Israël ?

DIRIGEANT ÉNIGMATIQUE•Netanyahou a annoncé la mort d’un des derniers dirigeants du Hamas encore actif à Gaza, mais qui reste une figure particulièrement mystérieuse

Gaza :  Ombre , « fantôme »… Qui était Mohammed Sinouar, chef du Hamas « éliminé » par Israël ?

En affirmant mercredi avoir « éliminé » Mohammed Sinouar, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a porté un très gros coup contre le Hamas. Figure particulièrement mystérieuse, il passait pour l’un des derniers hauts dirigeants du mouvement islamiste encore actif à Gaza.

« L’ombre », « le fantôme » : comme d’autres membres des groupes armés palestiniens, Mohammed Sinouar a hérité de surnoms témoignant de l’énigme qui l’entourait. Il n’a fait presque aucune apparition publique et plusieurs médias palestiniens affirment qu’il n’a pas assisté aux funérailles de son père en janvier 2022.

Frère cadet de Yahya Sinouar

L’armée israélienne avait annoncé avoir frappé le 13 mai « un centre de commandement et de contrôle du Hamas situé dans une infrastructure souterraine terroriste, sous l’hôpital européen de Khan Younès ». Selon des médias israéliens, cette frappe, qui a fait 28 morts selon la Défense civile de Gaza, visait Mohammed Sinouar.

L’homme, né en 1975 à Khan Younès, est d’abord connu pour son patronyme, car il est le frère cadet de Yahya Sinouar, chef suprême du Hamas tué par Israël en octobre 2024 à Rafah dans le sud de la bande de Gaza. Selon des experts du mouvement islamiste, Mohammed Sinouar dirigerait par intérim la branche armée du Hamas, les Brigades al-Qassam, considérées, au même titre que leur pendant politique, comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européennenotamment. Plusieurs chercheurs avaient établi qu’il était à la tête des Qassam dans le gouvernorat de Khan Younès depuis 2005.

Après la mort de Mohammed Deif, commandant en chef des Brigades, en juillet 2024, Mohammed Sinouar aurait pris la tête de tout ou partie des combattants, a minima dans le sud de la bande de Gaza, pour éviter une vacance du pouvoir et avant que le Hamas ne statue sur son successeur. Mais le mouvement demeure protégé par une culture digne d’un service de renseignement.

Partisan d’une ligne dure

En janvier 2025, un article du Wall Street Journal affirmait que Mohammed Sinouar avait pris la tête du Hamas dans la bande de Gaza à la mort de son frère aîné, contrevenant aux instructions des responsables du mouvement basés au Qatar qui voulaient mettre en place une direction collective. Citant diverses sources anonymes, le quotidien ajoutait que Mohammed Sinouar avait contribué à recruter de nombreux nouveaux combattants et prônait une ligne dure dans les négociations indirectes entre le Hamas et Israël pour parvenir à une trêve.

Les médias israéliens lui imputent une responsabilité dans l’enlèvement du soldat franco-israélien Gilad Shalit en 2006, et un rôle clef dans les négociations avec Israël ayant mené à sa libération en échange de celle de plus d’un millier de prisonniers palestiniens, parmi lesquels son propre frère, en 2011. En haut des listes de personnes recherchées par Israël, il aurait survécu à plusieurs tentatives d’assassinats.