Fumée noire ou fumée blanche : la chimie qui se cache derrière les fumées «colorées» du conclave

L’élection du nouveau pape est traditionnellement signalée par la blancheur du panache sortant d’une cheminée au-dessus de la chapelle Sixtine. Mais avant l’utilisation de fumigènes dont la composition a été soigneusement choisie en 2005, la couleur des émanations était parfois ambiguë.

Fumée noire ou fumée blanche : la chimie qui se cache derrière les fumées «colorées» du conclave

À l’issue de chacun des votes des cardinaux réunis en conclave dans la chapelle Sixtine, les bulletins sont brûlés dans un poêle en fonte. Une cheminée, visible depuis la place Saint-Pierre, est installée spécialement pour l’occasion sur le toit. La couleur de la fumée est alors scrutée avec attention. Une fumée «noire» signifie que le vote n’est pas concluant. Une fumée «blanche» qu’un Pape a été élu. Habemus papam !

Soit, mais comment obtient-on la couleur désirée ? Historiquement, la tradition veut que ce soit en ajoutant de la paille mouillée aux bulletins que l’on obtient la célèbre fumée blanche. Ce sont en effet les fines gouttelettes contenues dans une fumée saturée de vapeur d’eau qui permettent de réfléchir la lumière dans toutes les directions, et qui donnent cette couleur blanche. C’est le même phénomène qui donne leur blancheur aux nuages (ils deviennent noirs quand ils sont si chargés d’eau que la lumière provenant du Soleil n’arrive plus à les traverser). La fumée noire fut longtemps obtenue en ajoutant de la poix ou du noir de fumée avec les bulletins. L’idée est de produire de fines particules carbonées qui vont absorber la lumière (mélangée ou non à l’eau).