LA RELATION FRANCO-SYRIENNE
Dans un premier temps, Emmanuel Macron a tenu à rappeler le soutien de la France aux «aspirations du peuple syrien, courageusement exprimées depuis 2011» et la révolte contre la dictature de Bachar al-Assad.
«Nous étions là pour saisir la justice internationale face aux crimes atroces du régime, nous avons accueilli «César», [...] sur le terrain, nous avons combattu la menace contre Daesh sans jamais céder à ceux qui voulaient renouer avec Bachar al-Assad.
Ahmed al-Charaa a, de son côté, remercié la France pour avoir accueilli des réfugiés syriens lors de la guerre civile. Il a également rappelé que l'Hexagone a été l'un des premiers pays à avoir soutenu les rebelles qui combattaient face à Bachar al-Assad. «Aujourd'hui, j'ai discuté avec Emmanuel Macron pour savoir comment nos deux pays pourraient aller de l'avant», a poursuivi le président par intérim.
LA SÉCURITÉ DE TOUS LES SYRIENS, UNE PRIORITÉ ABSOLUE
Les aspirations du peuple syrien, dans sa globalité, pour plus de liberté et de sécurité «nous engagent, et vous engagent tout particulièrement», a lancé Emmanuel Macron à son homologue syrien. Le président de la République a ensuite affirmé qu'il avait évoqué «sans détour» les combats qui ont fait 200 victimes dans la communauté druze et plus de 1.600 victimes, essentiellement dans la communauté alaouite, en mars dernier.
«J'ai rappelé au président Ahmed al-Charaa qu'il devait tout mettre en œuvre pour assurer la protection de tous les Syriens sans exception, quelque soit leur origine, leur religion, leur confession, leur opinion, et s'assurer que les auteurs de ces actes seraient poursuivis et jugés», assurant que le chef d'Etat syrien par intérim avait pris un tel engagement.
«La sécurité des citoyens syriens est notre priorité», a ensuite affirmé Ahmed al-Charaa, affirmant que les massacres commis ces dernières semaines avaient été perpétrés par des criminels proches de l'ancien régime de Bachar al-Assad.
UNE POSSIBLE LEVÉE DES SANCTIONS EUROPÉENNES
Emmanuel Macron a ensuite déclaré que, «si le président syrien poursuivait son chemin» vers la pacification du pays et le maintien de la sécurité de ses citoyens, la France allait «poursuivre la levée progressive des sanctions économiques européennes» contre la Syrie. Un «travail de conviction» va également être mis en place avec les États-Unis pour arriver à une décision similaire.
LA COOPÉRATION DANS LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME
«Daesh reste encore aujourd'hui la menace terroriste la plus sérieuse qui pèse sur le pays, sur ses voisins, ainsi que sur la paix et la sécurité internationale», a rappelé Emmanuel Macron, garantissant à Ahmed al-Charaa que la France et les pays occidentaux, dont les Etats-Unis, vont poursuivre la coopération dans la lutte contre les terroristes.
«Nous apprécions la contribution de la France dans la lutte contre le terrorisme», a assuré Ahmed al-Charaa. Le président syrien par intérim a ensuite rappelé la coopération de son pays dans la lutte contre la prolifération du captagon, une drogue utilisée par le régime de Bachar al-Assad et Daesh pour se financer.
DES NÉGOCIATIONS AVEC ISRAËL
Emmanuel Macron a ensuite qualifié les bombardements effectués par Israël sur le territoire syrien de «mauvaises pratiques». «On n'assure pas la sécurité de son pays en violant l’intégrité territoriale de ses voisins», a explicité le président de la République.
Israël a en effet lancé des projectiles autour du palais présidentiel à Damas le 2 mai dernier, après que le chef de la minorité druze, allié du pouvoir israélien, ait accusé le président syrien par intérim de «génocide».
Ahmed al-Charaa a, de son côté, confirmé que des pourparlers indirects ont lieu entre la Syrie et Israël.
LA RECONSTRUCTION DU PAYS
«Nous avons hérité d'infrastructures presque totalement détruites», après près de 14 ans de guerre civile, a évoqué le président syrien par intérim. «Des habitants n'ont pas accès à l'électricité, la reconstruction des ponts et des barrages font partie de nos priorités. Nous sommes en train d'évaluer nos besoins», a-t-il poursuivi.
«Il ne s'agit pas uniquement de ciment et de béton, mais aussi de confiance», a conclu Ahmed al-Charaa, promettant que l'avenir de la Syrie devrait être construit par les «journalistes, les juges, les jeunes qui s'exprimeront en toute liberté» dans le pays.