Il s'appelle le « Pushpa », le « Boracay » ou le « Kiwala ». Plusieurs noms pour brouiller les pistes. Ce pétrolier battant pavillon béninois croisant au large de Saint-Nazaire fait l'objet d'une enquête à la suite d'un signalement de la Marine nationale, a indiqué ce mercredi le parquet de Brest, confirmant une information du quotidien « Ouest-France ». Des militaires français sont montés à bord du navire dans l'après-midi, d'après l'AFP. En treillis et cagoulés, ils patrouillaient sur le pont du bateau.
L'affaire est suivie par l'Elysée, inquiet de ce navire qui était présent dans les eaux proches du Danemark lors des vols de drones non identifiés à Copenhague.Emmanuel Macron a évoqué mercredi « des fautes très importantes commises » par l'équipage.
« Je resterai très prudent » sur l'éventuel lien entre ce navire et le récent survol de drones au Danemark, a-t-il ajouté, en insistant sur la lutte contre la flotte fantôme russe, ces navires sous pavillons étrangers utilisés par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole.
Son nom et ses pavillons changent
Les autorités françaises soupçonnent le pétrolier « d'être en infraction » et enquêtent sur un « défaut de justification de la nationalité du navire/pavillon » et « refus d'obtempérer », explique le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger. « Les investigations et actes utiles ont été confiés à la section de recherches de la gendarmerie maritime, ainsi qu'au groupement de gendarmerie maritime de l'Atlantique », a-t-il ajouté, sans plus de précision.
Le pétrolier de 244 mètres, stationné depuis le 28 septembre au large du parc éolien de Saint-Nazaire, appartiendrait à la « flotte fantôme russe » utilisée par la Russie pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole. Le navire est en effet visé par les sanctions britanniques et européennes contre la Russie, depuis une décision du conseil de l'Union européenne du 24 février 2025.