Amnesty International a interrogé 18 civils détenus illégalement dans des centres du M23 entre février et avril derniers. Tous ont affirmé avoir subi des tortures ou avoir été témoins d’actes de torture infligés à d’autres détenus.
Cellules surpeuplées et disparitions forcées
Selon l’ONG, des centaines de personnes sont enfermées dans des cellules surpeuplées et insalubres. La plupart ne peuvent ni contacter leur famille, ni accéder à un avocat. Le M23 accuse par exemple ces prisonniers de soutenir les autorités congolaises ou de dissimuler des armes. Selon les détenus, le groupe armé n’a jamais fourni de preuves de ces accusations.
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Amnesty International signale également plusieurs cas de disparition forcée. Il est fréquent que le M23 exige des rançons élevées aux familles en échange de la libération de leurs proches. Par ailleurs, deux Congolais qui se rendaient au Rwanda ont été arrêtés arbitrairement par des garde-frontières en février dernier, avant d’être remis aux combattants du M23 à Goma, rapporte l’ONG.
"Les déclarations publiques du M23 concernant le rétablissement de l’ordre masquent la manière ignoble dont il traite les détenus. Il punit avec brutalité ceux qu’il considère comme des opposants et intimide les autres, de sorte que personne n’ose le contester", a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty International.
L’organisation appelle à la libération immédiate des civils détenus arbitrairement, y compris de ceux victimes de disparitions forcées. Elle réclame également que des organismes de surveillance indépendants soient autorisés à se rendre sur les sites de détention du M23.