Si son intronisation met officiellement fin à presque 20 ans de gouvernements de gauche dans le pays, Rodrigo Paz n'a toutefois pas attendu sa prestation de serment pour commencer à introduire des changements dans la politique bolivienne. Celui-ci a, par exemple, déjà mis à profit les trois semaines de transition pour réorienter la politique extérieure de son pays.
Depuis trois jours, l’horloge installée sur le bâtiment de l'Assemblée législative, à La Paz, donne de nouveau l’heure alors que depuis 11 ans, elle tournait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Elle était alors appelée l’« horloge du Sud », façon symbolique de rappeler le non-alignement de la Bolivie sur les pays occidentaux.
Reste que cette politique devrait aujourd'hui changer sans tarder : avant même d’avoir été officiellement investi président, Rodrigo Paz a, en effet, déjà envoyé plusieurs signaux indiquant que la politique étrangère bolivienne allait être bien différente de celle des 20 années qui viennent de s'écouler. La semaine dernière, celui-ci a ainsi voyagé aux États-Unis où il a rencontré le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Pourtant, depuis 2008 et l’expulsion de l’ambassadeur américain, les liens entre les deux pays étaient très faibles. Mais Rodrigo Paz a annoncé une nouvelle étape dans la relation avec les États-Unis.
Quant à Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, des régimes autoritaires dont la Bolivie était un proche allié, ils n’ont pas été invités à la cérémonie d’investiture. Cela car « ils ne sont pas démocratiques » a déclaré Rodrigo Paz. En réponse, les trois pays ont suspendu la Bolivie de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques, accusant le nouveau président d’être « pro-impérialiste et colonialiste ».