Bassirou Diomaye Faye en visite à Paris: quels sont les grands sujets sur la table entre le Sénégal et la France?

Après avoir été reçu par Emmanuel Macron ce mercredi 27 août à l'Élysée pour un petit-déjeuner de travail, le président sénégalais a été l'"invité spécial" de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef.

Bassirou Diomaye Faye en visite à Paris: quels sont les grands sujets sur la table entre le Sénégal et la France?

Après avoir assisté à la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad) à Yokohama au Japon, Bassirou Diomaye Faye est en visite pour deux jours en France. Le président sénégalais a remonté ce mercredi matin la cour d'honneur de l'Élysée, avant d'être "chaleureusement" reçu par son homologue français, Emmanuel Macron, pour un petit-déjeuner de travail.

"Ce petit-déjeuner nous a permis d’échanger sur la revue du portefeuille de nos programmes de coopération et de réaffirmer notre volonté commune de renforcer la relation bilatérale dans des domaines tels que l'investissement, le commerce, la défense et la sécurité", a écrit le président sénégalais sur ses réseaux sociaux, à leur sortie de leur rencontre. "La revue de cette coopération sera parmi les points à l’ordre du jour du prochain séminaire intergouvernemental entre nos deux pays".

"Excellent entretien avec le Président sénégalais", a lui écrit Emmanuel Macron. "Questions économiques, mémorielles, internationales, de sécurité, préparation du sommet Afrique-France de 2026, autant de sujets sur lesquels nous travaillons étroitement avec le Sénégal au service du rapprochement entre nos deux pays. Nous voulons avancer ensemble, de façon concrète sur notre agenda commun, notamment économique". TV5MONDE revient sur les grands enjeux sur la table entre les deux pays.


Un discours au Medef en pleine crise financière

Le président sénégalais a été l'"invité d'honneur" du Medef ce mercredi après-midi à Roland-Garros, où il a délivré un discours devant le patronat français. "Le Sénégal reste un pays ouvert à tous les partenariats", a-t-il déclaré, assurant vouloir "continuer le chemin" avec la France, "en nous délestant des pesanteurs du passé".

Avec Emmanuel Macron, nous avons convenu de donner une impulsion nouvelle à nos pays. Cette ambition ne pourra se réaliser sans le secteur privé. C'est vous qui innovez pour contribuer à relever les défis d'aujourd'hui et de demain.

Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal

"La jeunesse c' est l'homme du match tout désigné. Le Sénégal vous offre un marché en expansion. Vous avez des atouts et non des moindres: l'histoire que nous partageons, la connaissance  juridique, une langue commune C'est le temps pour vous de jouer le jeu décisif", a-t-il ajouté.

Les liens économiques entre Dakar et Paris restent solides: le pays est le troisième client de la France en Afrique subsaharienne, derrière l'Afrique du Sud et la Côte d'Ivoire et le volume. L'économie sénégalaise a enregistré une forte croissance de 12,1 % en glissement annuel au premier trimestre 2025, tirée par la mise en production des champs pétroliers et gaziers de Sangomar et GTA. 

Selon les dernières données publiées par l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la France représente 10,2% des importations sénégalaises en avril 2025, ce qui en fait désormais le deuxième fournisseur du pays derrière la Chine.

Les échanges portent principalement sur les produits pétroliers raffinés, les machines, le riz et les métaux. De leur côté, les exportations sénégalaises ont progressé de 14,2 % sur la période, atteignant 469,9 milliards de FCFA, portées par le pétrole brut, le poisson et le ciment.

Le pays connaît cependant de graves difficultés budgétaires. Le déficit budgétaire pour l'exercice 2024 grimpait à plus de 14% de la richesse nationale, loin des 4,9% prévus par l'ancien président du pays Macky Sall. La dette du gouvernement central, initialement estimée à 74,4 % du PIB fin 2023, a été réévaluée à 111%, avant d’atteindre 118,8% fin 2024 en raison de passifs non divulgués. 

La Cour des comptes du Sénégal et le cabinet Forvis Mazars évoquent de leur côté une "dette cachée". Cette sous-estimation aurait permis à l’ancien gouvernement d'accéder plus facilement aux marchés financiers, profitant de taux d’emprunt plus favorables.