Après la mort d’Abdelkader Dibi, un ressortissant tunisien abattu par la police au terme de son attaque au couteau qui a blessé cinq personnes ce mardi à Marseille, Tunis réclame à la France une enquête rapide, qualifiant ces tirs policiers de « meurtre injustifié ».
« Je ne rendrai pas de décision définitive alors qu’une enquête est en cours (l’IGPN a été saisi, ndlr) mais l’orientation, à ce stade, sur l’usage légitime des armes dans le cadre d’une légitime défense des fonctionnaires et très très fortement envisagé au regard de ces éléments objectifs déjà recueillis », a expliqué ce mercredi en fin de journée Nicolas Bessone, le procureur de la République.
Au registre de ces « éléments objectifs », le procureur de la république a détaillé que les trois policiers auteurs de six tirs, dont cinq ont touché l’assaillant « sur le tronc, les membres inférieurs, et le membre supérieur droit », ont « été entendus en audition libre ».
Six tirs à moins de cinq mètres
En outre, l’un d’eux avait activé sa caméra-piéton, ce qui couplé aux éléments de l’enquête, de vidéosurveillance, de film de témoin et de constatation, établit que « ces tirs ont été effectués à courte distance, à moins de cinq mètres. Il eut été hautement improbable et il aurait été dangereux pour les services de police de se contenter d’un taser sur un individu qui était en train de commettre un véritable périple criminel », a conclu Nicolas Bessone.
Dans une vidéo de l’action policière filmée par une témoin directe de la scène, on voit en effet Abdelkader Dibi, tenter brièvement dans un premier temps de fuir les policiers, avant de faire volte-face, de brandir ses bras munis de ce qui semble être à l’image deux grands couteaux, et d’initier un mouvement en direction des fonctionnaires qui ouvraient alors le feu.