Accord sur la paix : après l’annonce du cessez-le-feu, des milliers de Palestiniens sur la route du retour

Le gouvernement israélien a voté en faveur de l’accord de paix, après que le Hamas a affirmé avoir reçu des médiateurs des garanties que la guerre est finie.

Accord sur la paix : après l’annonce du cessez-le-feu, des milliers de Palestiniens sur la route du retour

En résumé :

  • L’accord trouvé entre Israël et le Hamas dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 octobre, qui prévoit la libération de tous les otages et de 2 000 détenus palestiniens, a été ratifié par le gouvernement israélien dans la nuit suivante.
  • Jeudi soir, le Hamas a affirmé avoir reçu des médiateurs américains et arabes des garanties confirmant toutes «que la guerre est complètement terminée».
  • Donald Trump a déclaré que les otages devraient retrouver la liberté «probablement lundi ou mardi», et que «personne ne sera contraint à partir» de Gaza. Il devrait se rendre au Moyen-Orient dimanche.
  • Des milliers de déplacés sur le chemin du retour

Après l’annonce par l’armée israélienne de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu ce vendredi matin, des milliers de déplacés ont pris la route vers le nord du territoire alors que d’autres sont retournés dans les ruines de leurs maisons à Khan Younès, dans le sud, selon des images de l’AFP. Une file de piétons s’étirait le long de la route al-Rachid près de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, en direction de la ville de Gaza.

«Lorsque j’ai appris la nouvelle du retrait israélien et que la route serait ouverte, on s’est dirigé immédiatement avec ma famille vers la route al-Rachid pour retourner chez nous», a déclaré à l’AFP Ahmad Azzam, un déplacé âgé de 35 ans, originaire de Gaza city. «Nous rentrons chez nous malgré les destructions, le siège et la douleur. Nous sommes heureux même si nous retournons dans des ruines. Au moins c’est notre terre», a dit Amir Abou Iyadeh, 32 ans, à Khan Younès, dont plusieurs zones ont été libérées de la présence de l’armée israélienne.

 

16:03

Des incidents quotidiens en Cisjordanie

Alors que les yeux sont rivés vers Gaza, les Palestiniens s’inquiètent d’une potentielle poussée de violence en Cisjordanie. La récolte des olives vient de commencer. Elle n’est bonne qu’une année sur deux, et 2025 s’annonce creuse. Cela n’empêche pas les Palestiniens d’aller récolter le fruit de plus en plus précieux dans un climat économique désastreux.

Le début de cette récolte coïncide cette année avec la semaine de Soukkot, la fête des cabanes, une fête religieuse importante qui précède Simchat Torah - jour désormais funeste car anniversaire liturgique des massacres du 7 octobre 2023. Les colons israéliens de la mouvance sioniste religieuse, mis en colère par le cessez-le-feu («un accord Shalit sous stéroïdes» dit le militant influent Elhanan Gruner, appelant ses milliers d’abonnés à s’armer) ont fait sentir leur colère.

Depuis mercredi, les militants palestiniens, israéliens et internationaux qui protègent, comme tous les ans, la récolte des olives répertorient des incidents quotidiens. A chaque fois, des Palestiniens sont harcelés et blessés par des colons, sous l’œil attentif mais passif de soldats israéliens.

Par Nicolas Rouger, correspondant en Israël

16:01


 

Quatre Palestiniens blessés en Cisjordanie

Le photographe Wahaj Bani Moufleh en Cisjordanie, le 28 juin 2025.

Le photographe Wahaj Bani Moufleh en Cisjordanie, le 28 juin 2025. (Khadija Toufik/Middle East Images. AFP)

Quatre Palestiniens ont été blessés sur les terres de la ville de Beita, au sud de Naplouse, dont Wahaj Bani Moufleh, photographe primé internationalement, une voix influente du journalisme palestinien à tout juste 26 ans. Selon les témoins, il aurait été atteint à la jambe par un tir direct de grenade lacrymogène. Selon le Syndicat des journalistes palestiniens, Jaafar Shtayyeh, photographe vétéran de l’AFP, aurait aussi été tabassé par des civils israéliens. Sa voiture et son équipement professionnel aurait été brûlés.

Par Nicolas Rouger, correspondant en Israël

15:50

Nétanyahou critique l'attribution du Nobel de la paix

Après la Maison Blanche, c’est au tour de Benyamin Nétanyahou, bruyant lobbyiste en faveur d’un prix Nobel de la paix décerné à Donald Trump, de regretter que la récompense ait échu à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado. Dans un post publié sur son compte X répondant à la plainte du porte-parole de la Maison Blanche Steven Cheung, le Premier ministre israélien a pris fait et cause pour son allié : «Le prix Nobel récompense la paix. Trump a permis d’y arriver. Les faits parlent d’eux-mêmes. Il le mérite.»

 

Un portrait géant de Trump à Tel Aviv, le 10 octobre.

Un portrait géant de Trump à Tel Aviv, le 10 octobre. (AHMAD GHARABLI/AFP)

15:22

Profil de Matan Zangauker, enlevé chez lui le 7 Octobre

Agé de 23 ans, Matan a été enlevé à Nir Oz. Sa compagne, Ilana Gritzewsky, est également capturée, puis libérée en novembre 2023 lors de la première trêve. Sa mère, Einav Zangauker, est depuis devenue une figure emblématique du combat pour la libération des otages. Le profil de Matan est à lire ici.

 

Par Sascha Garcia