Le Portugal sous le choc. L’un des funiculaires emblématiques de Lisbonne a déraillé et s’est encastré dans un immeuble, mercredi 3 septembre, faisant au moins 16 morts et une vingtaine de blessés. France 24 fait le point sur cet accident tragique dont plusieurs victimes sont de nationalité étrangère.
Que s'est-il passé ?
Les faits ont eu lieu vers 18 heures dans un quartier touristique de la capitale portugaise. Le célèbre funiculaire de la Gloria, reliant la place du Rossio aux quartiers du Bairro Alto et du Principe Real, semble être devenu incontrôlable dans une pente abrupte.
D'après le récit d'une témoin relayé par les médiaux locaux, l'un des deux wagons jaunes qui montent et descendent ce dénivelé de 48 mètres en même temps, en système de contrepoids, est arrivé au bout de son parcours au pied de la chaussée de façon abrupte, dépassant légèrement sa station d'arrêt habituelle.
Quand cette femme et d'autres personnes sur place se sont précipitées pour aider les passagers indemnes de ce wagon à descendre, ils ont aperçu l'autre véhicule dévalant la rue pentue à toute allure.
Et, alors qu'ils prenaient la fuite en croyant qu'il allait percuter le véhicule à l'arrêt, le wagon a déraillé au niveau d'un léger virage et s'est fracassé contre un immeuble.
Qui sont les victimes ?
L'accident a fait au moins 16 morts et cinq blessés graves, selon un bilan revu à la baisse jeudi par le Premier ministre Luis Montenegro, qui a évoqué "une des plus grandes tragédies humaines de notre histoire récente".
Le service municipal de protection civile, qui avait donné un peu plus tôt un chiffre de 17 morts, a expliqué avoir commis une erreur en déclarant que deux des victimes hospitalisées étaient décédées dans la nuit, alors qu'une seule personne avait en réalité succombé à ses blessures
Selon une source policière citée par le site d'information portugais Observador, une famille allemande a notamment été victime de l'accident : le père aurait été tué, la mère serait dans un état critique et leur enfant de trois ans aurait été légèrement blessé.
Une responsable des secours lisboètes a confirmé la présence d'un enfant de trois ans parmi les blessés, sans préciser sa nationalité.
Inauguré en 1885, l'ascenseur, d'une capacité d'une quarantaine de passagers (dont la moitié debout), est un moyen de transport très apprécié des nombreux touristes qui visitent la capitale portugaise.
Connaît-on les causes de l'accident ?
Une enquête a été ouverte pour connaître les circonstances du drame mais les causes de l'accident sont inconnues pour le moment. Les premiers éléments laissent penser à une rupture soudaine de câble de sécurité, une hypothèse évoquée par plusieurs médias.
Par souci de prévention, la mairie a suspendu le fonctionnement des trois autres funiculaires de la ville, "pour vérification de leurs conditions de fonctionnement et de leur sécurité", a précisé Margarida Castro, responsable de la protection civile municipale de la capitale portugaise.
De tels accidents de funiculaire restent rares : le drame récent le plus grave en Europe remonte au 11 novembre 2000, lorsque le funiculaire de Kaprun (ouest de l'Autriche) avait pris feu dans un tunnel, faisant 155 morts.
Y a t-il eu un défaut de maintenance ?
La société qui gère les transports de la capitale portugaise, la Carris, assure que non. Selon elle, "tous les protocoles d'entretien" ont été effectués, "notamment la maintenance générale, réalisée tous les quatre ans et effectuée en 2022, la maintenance intermédiaire, réalisée tous les deux ans, la dernière ayant été réalisée en 2024".
Sur les lieux du drame, le président du conseil d'administration de Carris, Pedro Bogas, a reconnu que l'entretien de ces véhicules était assuré par un prestataire externe depuis 14 ans sans fournir davantage d'explications.
Quelles réactions après ce drame ?
Quelques instants avant que les secours ne confirment un premier bilan de 15 morts, le maire de Lisbonne Carlos Moedas a estimé qu'il s'agissait d'"une tragédie qui ne s'était jamais produite dans notre ville". De son côté, le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa a dit déplorer "profondément" l'accident. Une journée de deuil national a été décrété ce jeudi 4 septembre.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle aussi présenté ses condoléances aux familles des victimes, en portugais, sur le réseau social X.

"La France est solidaire du Portugal dans cette épreuve", a réagi mercredi soir sur X Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe. "Face à ce drame, Paris se tient aux côtés de Lisbonne et du peuple portugais", a également assuré Anne Hidalgo, la maire de Paris.